--Chapitre II-< Une carrière est une chose merveilleuse mais on ne peut se blotir contre elle la nuit quand on a froid. >--Partie 3--

--Chapitre II-<  Une carrière est une chose merveilleuse mais on ne peut se blotir contre elle la nuit quand on a froid. >--Partie 3--




- Je te jure, ce mec est réellement bizarre.
- Bizarre comment ?
- Bizarre dans le genre qu'il ne veut pas dire où il habite.
- Hein ?
- Il m'a racompagné, disant qu'il habitait au bout du boulevard et il a fait demi-tour !



Elle fronça les sourcils, tirant des bouffées nerveuses sur sa marlboro. En effet, ce type ne semblait pas très net. Elle soupira. Sa meilleure amie avait toujours eu le don de se foutre dans des histoires louches. Pour preuve, son dernier petit ami la harcelait depuis le lycée où il l'avait presque demandé en mariage en plein milieu de la cours. En y repensant, elle etouffa un rire.




- Jade, il va vraiment falloir que tu m'expliques comment tu fais pour choisir tes petits amis. Se moqua-t-elle ouvertement
- Primo, Tom n'est pas mon petit ami. Deuxio, si tu repenses à Raphaël et à sa stupide déclaration d'amour qui date de Matusalem, oublie, ce mec était cinglé !
- Oh Jade, tu sais combien je t'aime, mais des fois t'es vraiment pas drole !
- Si au moins c'était drole...
- Sérieusement, qu'est-ce que tu vas faire pour Tom ?




Elle passa une main désespérée sur son visage et soupira. Axel détestait par dessus tout se méler des histoires d'amour de sa meilleure amie, ayant à chaque fois l'impression que cela pourrait lui retomber dessus à la fin. Pourtant là, elle se sentit aussi concernée qu'elle, comme si elle vivait dans la peau de Jade. Elle se sentait trempée jusqu'au cou, comme si la décision qu'allait prendre Jade allait changer toute sa vie.




- Je ne sais pas. Le suivre, peut être.



Elle ferma les yeux dix secondes, se demandant intérieurement pourquoi, étrangement, cette réponse ne la surprenait pas vraiment. Jade agissait toujours bizarrement et de façon radicale, cette fois-là ne faisait aparament pas exception. Pauvre Tom, avec un fille pareille il ne savait vraiment pas dans quoi il avait mis les pieds, c'était certain.




- Non, non et non. Tu ne peux pas le suivre Jade.
- Et pourquoi ça ? Je ne fais rien de mal.



Elle ouvrit la bouche, incrédule, sans vraiment savoir quoi répondre. Cette fille était réellement inconsciente et ne manquait vraiment pas d'air. Elle se leva, écrasant son mégot dans un cendrier.




- Si, Jade ! Et s'il te voyait ? Qu'est-ce qu'il dirait ?
- Mais il ne le saura pas !
- Oui mais s'il le découvre, il pensera que tu ne lui fais pas confiance.
- Justement, je ne lui fais pas confiance. Ca fait à peine quatre jours que je le connais, et il ne veut rien dire de lui, je te rappelle.
- Il a le temps Jade !
- Bon, Axel, je t'ai appelais pour que tu m'aides pas pour m'enfoncer, ok ?




Elle ouvrit la porte-fenêtre et s'acouda à la rembarde de son petit balcon. Elle, à l'inverse de Jade, c'était plutot le genre HLM que petit apartement coquet et coté. Le vent frais de ce mois de Mars la saisit. Elle avait un peu tendance à oublier qu'ils n'étaient encore qu'en hivers.



- Ca va, ca va !
- Bon, s'il ne veut pas que je sache où il habite c'est qu'il a un truc à cacher. S'il ne veut pas le dire, je le découvrirai par moi-même.
- Ton plan est tout simplement foireux Jade ! Tu ne peux lui faire ça.
- Et lui, est-ce qu'il a le droit de me mentir ?
- Mais enfin, vous n'êtes pas marier Jade ! Il n'est pas forcé de tout te dire.




Elle se laissa tomber dans un fauteuil en osier, prenant une deuxième cigarette dans un paquet gisant là, sur une table basse.





- Axel ! Tu es de mon côté ou du sien ?



Elle sourrit à ses mots, se rappelant du nombre incalculable de fois où elle lui avait posé cette question, ne voulant pas admettre qu'elle pouvait avoir tort. Et une fois de plus, elle tombait dans le panneau, s'avouant vaincue et baissant les bras. Elle allait encore lui dire qu'elle était de son côté et approuvait tout ce qu'elle déciderait même si elle aurait tord ou qu'elle ferait quelque chose de mal. Ca avait toujours été comme ça entre ces deux-là. Jade avait toujours eu une espèce de pouvoir sur sa meilleure amie, et au fond ça plaisait et amusait sa meilleure amie. Elle soupira, sachant très bien ce qu'elle était sur le point de répondre.



- Du tien. C'est toujours pareil Jade !



Elle devina son sourire satisfait et ses yeux rieurs s'illuminer de satisfaction. Jade était comme ça, lorsqu'elle voulait quelque chose, elle finissait toujours par l'obtenir. C'était d'ailleurs surement le seul très d'une enfance gatée et d'une enfant qui pouvait satisfaire tout ses caprices.



- Qu'est-ce qu'on fait alors ?
- Oh non Jade, je te vois venir ! Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Roh allé, tu pourrais me donner un coup de main, non ?



Comme elle savait que lorsque sa meilleure amie employait ce ton-là, elle commencerait à refuser pour la forme et sa fierté, et finirait par céder. Ca avait toujours été comme ça, et ce n'était pas maintenant que cela changerait.



- Qu'est-ce que je dois faire au juste ?
- Le suivre.



C'était cadégorique. Dans ces cas-là, il ne valait mieux pas contester. Une Jade Kristen en colère, elle n'en avait vu que peu, mais aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle l'évitait toujours.



- Je t'en supplie. Il ne te connait pas, c'est moins risqué.
- S'il te plait Jade Kristen, arrête de geindre, ça m'énerve.


Elle n'était pas vraiment énervée. Juste exaspérée. Jade pouvait avoir une attitude si puérile, parfois. Sa meilleure amie était vraiment la seule personne qui pouvait mettre Axel dans tout ses états, bien qu'elle soit du genre à controler ses émotions.


- Pitié ! Axel, il faut vraiment que tu fasses ça pour moi.
- Ok. Mais je te préviends que si ça tourne mal, je lui dis tout. C'est bien clair ?
- Oui. Merci.


Elle frappa la paume de sa main sur son front plusieurs fois, se demandant dans quel pétrain s'était-elle encore fourée. Ce plan était tout simplement foireux, elle le sentait gros comme une maison. Surtout qu'elle n'était vraiment pas la reine de la discression. Si elle arrivait à le suivre sans qu'il ne se rende compte de rien, cela relèverait du miracle. Si ce n'est plus...



- Bon, dis moi exactement ce que je dois faire.




- - - - - - - - - - - -




Il voulait en avoir la certitude. Il voulait savoir si la vie en Allemagne s'était arrêté, le jour où il a pris cet avion. Egoïstement il l'espérait. Autant qu'il espérait manquer à quelqu'un, car au fond, il espérait avoir de l'importance aux yeux de quelqu'un. Il ne savait même plus s'il pouvait encore en avoir aux yeux de Bill. Au fond de lui, il savait que quelque chose s'était cassé entre eux, même s'il ressentait toujours ce petit groupillement dans son estomac lui souflant à l'oreille que son frère était toujours là, quelque part sur cette Terre.


Alors, il s'était décidé à appeler là-bas, en Allemagne. Il a longtemps hésité quant à savoir qui appeler. Il avait d'abord pensé à Andreas, son meilleur ami. Puis avait finalement abandonné, se disant que même s'il lui faisait promettre de ne rien dire à son frère, il finirait par craquer, c'était certain. Il fallait donc trouver quelqu'un qui puisse tenir parole et rester muet comme une tombe. La personne idéale dans ce cas-là, et il l'avait toujours su, c'était Gustav. Maintenant, encore fallait-il qu'il ait gardé le même numéro de portable en quatre ans, ce qui n'était pas vraiment sur.


Il avait l'impression de boulverser sa vie, sa tranquilité -qui n'en était pas vraiment une- en pensant à appeler Gustav. Comme s'il remettait les pieds dans le passé et se jetait dans quelque chose qu'il ne controlait pas vraiment. Mais au fond, il savait qu'il devait le faire pour pouvoir avancer. Il devait trouver des réponses à toutes ses questions. Souvent, il se demandait ce qu'étaient devenues ses amies, ses parents, leur appartement à Berlin. Et maintenant, il allait savoir. Pourtant, à cet instant précis, il ne savait pas trop s'il voulait encore savoir. La peur que ce qu'il allait apprendre pourrait le perturber un peu plus, surement...



Peut être aussi, était-ce pour lui le moment de mettre sa fierté de côté et de s'avouer à lui-même, et à Gustav par la même occasion, qu'il n'allait pas bien. Il ressentait un besoin précent et immédiat de se livrer, et pour l'instant il ne se sentait pas le courage de le faire au près de Jade. Ca faisait d'ailleurs une semaine qu'il ne lui avait pas donné de nouvelles et il était persuadé que c'était mieux ainsi. Elle avait une vie, un avenir et il ne voulait pas être un poids pour elle. Il préférait qu'elle garde une bonne opinion de lui tant qu'il en était encore temps.





- Schäfer.



Il ouvrit la bouche, aucun son n'en sortit. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il se surprit à aimer entendre la voix de Gustav, à aimer la sensation d'être enfin rataché à quelque chose. Il souffla pour se donner du courage. Sa tête tournait à plein régime et il avait tellement de choses à lui dire qu'il ne savait même pas par où commencer.




- Allo ?
- Gustav.
- Tom ? Putain, c'est vraiment toi ?
- Euh... oui.



Quelque chose lui fit dire que la conversation n'allait pas rester calme très longtemps. Gustav était plutot du genre à fermer sa gueule et dire quelque chose lorsque c'était necessaire. En général, c'était plutot du genre avec des cris et des étincelles.




- Quatre ans. T'as attendu quatre ans pour donner signe de vie ?
- Je... J'avais besoin de changer d'air.
- Tu es où ?
- Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée.
- Tom, tu es parti comme ça, du jour au lendemain, sans dire au revoir ni même où tu allais. Et tu attends quatre ans pour donner de tes nouvelles. Tu te fous de ma gueule ?



Ca n'avait pas manqué.




Quand Gustav prenait ce ton froid et détaché, ça ne présageait vraiment rien de bon. Ne jamais croiser un Gustav Schäfer énervé. C'était sans aucun doute le meilleur conseil à recevoir.





- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- Où es-tu ? Demanda-t-il en détachant chaque mot
- Je...
- Tom Kaulitz ! Hurla l'ancien batteur, ce qui obligea Tom à éloigner le portable de son oreille
- A Paris.
- En France ? Tu étais en France pendant tout ce temps !
- Oui. Je...
- Qu'est-ce que tu deviends ? Attends, attends... Laisse moi deviner. Tu te payes une chambre d'hotel et tu enchaines filles sur filles.



Il ferma les yeux très fort, tentant de se calmer. Voilà ce qu'il redoutait. Qu'on le juge. Que personne ne comprenne. A part son jumeau, jamais personne ne le comprenait au fond. Dans un autre contexte, seul son jumeau aurait pu comprendre. Il redoutait le conflit, il était pourtant inévitable.





- Arrête Gustav. Sérieusement tu ne sais pas de quoi tu parles, alors arrête.
- Tout ce que je sais moi, c'est que tu es parti comme un voleur et que pendant quatre ans tu nous a tous ignoré. Ton frère ne va pas bien Tom, alors arrête d'être egoïste, s'il te plait.
- Ne me parle pas de lui. C'est de sa faute si on en est là et tu le sais. Je ne pouvais pas rester en Allemagne et faire comme si tout allait bien. Et pour ton information, je ne travaille pas, je ne sors pas, je ne vois personne. Je ne fais rien. Strictement rien. J'ai passé quatre années à ne rien faire si ce n'est regretter et imaginer ce que vous avez pu devenir. C'est tout !


Il essuya rageusement les larmes sur son visage et se maudit d'avoir commencé cette conversation qui ne menait nul part.




- Dis moi que vous avez mieux réussi que moi et que vous avez réussi à tout refaire. Dis moi comment tu fais Gustav, parce que moi je ne sais pas. Supplia-t-il, sa voix se radoucissant



Il se laissa glisser contre la porte de sa chambre. Il laissa le désespoir prendre possession de son corps et écouta la respiration hachée de son amie qui se calmait à l'autre bout du fil. Cela sonnait comme une sorte de calme après la tempête.




- Georg s'est marié.




Euh... pardon ?





- Il t'a laissé plusieurs messages te demandant de rentrer. Il en a souffert, tu sais.
- Je... Je suis désolé.




Finalement, Bill n'était pas si fautif que ça. Lui aussi avait fait des erreurs. La première étant d'avoir ignoré tout son monde pendant plus de quatre ans. Il n'avait même pas assisté au mariage de l'un de ses meilleurs amis. Il se dégouta lui-même et s'en voulut à en mourir.




- Je sais.
- Et... Et toi ?
- On a créé un label avec Georg. Ca marche plutot bien...
- Oh ! Et...




Il n'arrivait même plus à dire son prénom. C'était bête, pourtant. Juste quatre lettres. Il avait peur que cela sonne faux à ses yeux. Il avait peur de se bruler en disant son prénom. Il ne savait même pas s'il avait le droit de prononcer son prénom, puisque logiquement, c'est lui qui avait du souffrir le plus de son départ.




- Bill ?
- Oui.
- Un peu pareil que toi, je suppose. Il écoute nos albums à longueur de journées. Le plus souvent, il passe son temps assis devant la fenêtre de sa chambre à attendre que tu reviennes.



Il laissa échapper un sanglot. Il avait tout imaginer, sauf ça. Alors son frère avait donc passer quatre longues années devant sa fenêtre à attendre qu'il revienne? Il n'arriva pas se dire qu'il avait envoyé son jumeau tout droit en enfer, et pleura un peu plus fort.




- Tom...
- Je suis désolé.
- Je sais Tom. Allé calme toi. Tu joues toujours de la guitare ?
- Non. Je... J'y arrive plus. Elle est par terre depuis quatre ans.
- Reviends Tom, s'il te plait.



Son coeur battit à une allure folle. Peut être était-ce mieux ainsi. Il n'avait rien construit ici, n'avait même pas réussi à panser sa peine. Peut être devait-il rentrer chez lui et consoler son jumeau esseulé qui attendait son retour. Pourtant, au fond de lui, il ressentait toujours cette rancoeur pour Bill. Il lui en voulait plus que jamais de le mettre dans un état pareil.






- J'ai besoin de temps.
- Tu as eu quatre ans, Tom. Tu ne crois pas qu'il est temps maintenant ?
- Ce n'est pas si simple Gustav.
- Pense-y au moins.
- D'accord. Gustav, pour Bill...
- Je ne lui dirai rien, c'est promis. L'interrompit-il



Il esquissa ce qui devait être un sourire. Gustav le connaissait toujours aussi bien, pourtant beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts. D'un côté, ça le rassurait un peu de voir que leur amitié était resté intact malgré le temps qui passait, comme écrite quelque part.




- Je dois te laisser là, Tom.
- Oh ! Très bien.
- N'attends pas encore quatre ans pour me rappeler la prochaine fois.



Il ria un peu, en essuyant ses larmes. Il savait que Gustav ne lui en voulait pas vraiment et le remerciait silencieusement pour ça.



- Je suis content que tu m'aies appelé.
- Je suis content aussi.
- A bientot, Tom.



Il raccrocha et s'allongea à même le sol. Il se sentait comme vidé de toutes forces. Peut être aurait-il voulu ne jamais savoir. Maintenant, il se sentait encore plus mal et quelque chose de nouveau naissait en lui. La culpabilité. Il aurait voulu appeler son frère pour s'assurer que tout cela était faux et qu'il avait mieux réussi que lui. Mais il ne s'en sentait pas le courage. Il voulait juste dormir. Alors il ferma les yeux. Demain serait un autre jour.




Tout irait mieux.






Ou pas...








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La suite s'est faite attendre. J'en suis désolée, mais elle est là ! : ) Je manquais cruellement de temps, j'avais pas mal de choses en tête et puis je n'étais pas vraiment motivée. J'attends des commentaires construits, vraiment. Ca me désole que vous ne puissiez même pas respecter ça. Je ne demande pourtant pas la lune, il me semble!

Ceci étant dit, revenons à l'histoire. Vous avez pu constater l'entrée dans l'histoire de notre cher batteur. Je ne dis rien concernant les autres. Vous aurez la surprise! :p J'espère vraiment que cette partie vous aura plu. Personnellement, je ne l'aime pas plus que ça. Je la trouve banale et impersonnelle, mais bon... Pour ce qui est de la suite, elle est presque terminée. Ne tiends qu'à vous de l'avoir, et vous savez ce qu'il vous reste à faire!

La fin des vacances se fait sentir et je n'aime pas trop ça. Je ne sais même pas à quelle date reprennent les cours! xD C'est vous dire !!

Des bisous. <3


Pauline.

# Posté le mercredi 06 août 2008 13:48

Modifié le dimanche 24 août 2008 10:56

--Chapitre III------<- -Ne me juge pas mal, mais considère moi plutot comme quelqu'un qui de temps en temps a le coeur trop lourd. ->--Partie 1--

--Chapitre III------<- -Ne me juge pas mal, mais considère moi plutot comme quelqu'un qui de temps en temps a le coeur trop lourd. ->--Partie 1--
<< Salut Tom, c'est moi. Enfin... c'est Jade. Ca fait presque deux semaines que je n'ai pas de tes nouvelles, j'espère que tu vas bien. J'avais juste l'impression que tu m'ignorais, j'espère que je me trompe... Tu sais, je veux juste t'aider. Parce que je sens que tu ne vas pas bien. Et tu peux faire comme si de rien était, mais il y a des choses qui ne trompent pas... Je ne t'oblige à rien, tu sais. Je ne te juge pas, je voudrais juste comprendre. Euh... Appelle moi quand tu peux ! >>







Elle ferma son portable à clapet dernier cri et souffla de soulagement. Ca, c'était fait. Elle espérait juste qu'il rappelle et que l'impression qu'elle avait qu'il l'ignorait, ne soit juste qu'une impression. Elle s'enfonça un peu plus dans l'un des vieux fauteuils du métro de la ligne 12. Elle alluma son I-pod et se laissa bercer par Everybody's Changing ~ de Keane. Sa tête se posa d'elle-même contre la vitre du métro et elle ferma les yeux lentement. Il ne fallait pas qu'elle s'endorme, elle descendait dans trois arrêts et elle était déjà en retard. Axel l'avait appelé un peu plus tot pour lui dire de passer chez elle vers 15h, elle devait maintenant l'attendre depuis un quart d'heure. Jade n'était pas vraiment du genre ponctuelle et à suivre les horaires à la lettre. Elle ne le faisait pourtant pas expret, ça avait toujours été ainsi. Elle trouvait très souvent un moyen de se mettre en retard malgré elle.



Arrêt : La Chapelle. Le métro s'arrêta, la faisant tituber sur son siège. Elle sortit du wagon et marcha calmement jusqu'à la sortie. Encore heureux, à cette heure-ci, les métros étaient toujours plus ou moins calmes. Elle marchait d'un pas vif, presque rapide et se sentait déjà essouflée. Elle arriva rapidement devant l'immeuble de sa meilleure amie et prit l'escalier jusqu'au sixième étage. Jade n'avait pas spécialement peur de l'ascenseur. C'était juste histoire de se prouver qu'elle pouvait encore monter six étages à pieds, car elle savait qu'elle ne pourrait plus le faire dans quelques semaines. Elle frappa en trépignant d'impatience. Elle devinait ce dont Axel allait lui parler, elle en était même sûre. Elle allait enfin savoir la vérité, quitte à ce que cela fasse mal...




Elle entendit des pas se rappprocher et la porte s'ouvrit sur une Axel rayonnante comme elle en voyait souvent. Elle avait cet espèce de pouvoir inexplicable de savoir donner le sourire rien qu'en la regardant. Et Jade n'avait pas échappé à ça. Au fond, ça la rassurait de savoir qu'elle pourrait retrouver le sourire rien qu'en regardant sa meilleure amie heureuse. Axel lui sauta au coup et lui déposa un bisou sonore avant de la tirer dans son apartement et de la pousser dans un canapé, qu'elle avait eu un mal fou à payer. Jade regarda autour d'elle et se sentit rassurée. Rien ne changeait ici et elle avait l'impression que rien ne pourrait jamais changer dans ce petit HLM. Ca sentait toujours le tabac froid et un vynil de Cat Stevens chantant une certaine Lady Darbanville ~ tournait encore.






- Ta consultation s'est bien passée ?




Elle sourit devant l'air inquiet de sa meilleure amie, qui essayait de le cacher tant bien que mal. Personne sauf elle, prenait le temps de s'inquiéter. Pas même son père, toujours coincé entre deux dossiers pour avoir le temps de penser à elle. Pas même elle, n'arrivait à s'inquiéter pour sa propre personne. Alors, elle savait qu'Axel s'inquiétait toujours pour deux, et elle était touchée, même si elle ne lui disait jamais. Elle savait qu'Axel savait, et Axel savait qu'elle savait. C'était comme ça. Elles n'avaient jamais vraiment eu besoin de mots pour se comprendre.





- Oui, tout va très bien. Ne t'inquiètes pas.



Elle se comprirent dans un demi sourire et Axel s'assit près de la jolie brune.




- Axel, tu ne m'as pas fait venir pour parler de ça, hein ?
- Non, pas vraiment...
- Je dois m'inquiéter ?




Elle avait un mauvais pressentiment, comme si Axel était sur le point de lui annoncer une mauvaise nouvelle. Elle était surement pranoïaque, complètement folle, ou elle prenait surement cette histoire beaucoup trop à coeur. Peut être, qu'elle n'avait pas à s'en faire et qu'elle avait simplement trop d'imagination. Ce n'était surement pas justifié, un état pareil. Pourtant, lorsqu'elle vit sa jambe droite trembler et bouger frénétiquement, elle dut constater qu'elle était nerveuse.





- Je ne pense pas.
- Vraiment ?
- Oui, vraiment.



Elle attendait la suite avec impatience, encourageant Axel d'un signe de tête à tout lui raconter. Mais cette dernière attendait visiblement quelque chose et Jade soupira d'exaspération en devinant ce qu'elle devait faire. Axel Summers était vraiment une emmerdeuse !




- S'il te plait Axel, veux-tu me raconter ce qu'il s'est passé ? Demanda Jade d'un ton las, en détanchant exagérément chaque mot
- Oui, je peux.
- Bah vas-y !
- Bien.




Elle se leva d'un bon, faisant les cent pas dans son petit salon. Jade savait qu'elle cherchait ses mots, rien de plus. Mais son attitude l'angoissait vraiment et elle avait juste envie de la faire arrêter de bouger.







Flash back



Elle s'arrêta un moment, faisant bouger ses pieds douloureusement coincés dans des bottes à moitié fermées. Elle jongla d'un pied à l'autre, en soufflant sur le bout de ses doigts rougis. Les mitaines étaient réellement jolies mais pas vraiment efficaces contre le froid. Elle jeta un coup d'oeil à l'endroit devant lequel elle s'était arrêté et lu sur la fassade vitrée Café de Flore. Alors que ses yeux se posés sur un homme aux dreadlocks négligemment empilées sur le haut de sa tête et au teint hâlé, elle fronça les sourcils jurant de l'avoir déjà vu quelque part. Il avait une espèce de nonchalence dans son attitude qui lui était étrangement famillière. Dés l'instant où elle commença à le détailler, elle savait qu'elle pourrait y penser pendant des heures durant, jusqu'à trouver pourquoi elle avait l'impression de connaitre cet homme. Alors qu'elle continuait à l'observer, elle se débatit à l'aveuglette avec son sac en bendolière pour en extirper son téléphone protable. Habillé de façon soignée, un piercing au labret gauche, des yeux marrons assez doux... Sans nul doute possible, ce type était bien le Tom de Jade. Vainqueur de cette bataille contre ce maudit sac, elle brandit fièrement son portable et composa le numéro de sa meilleure amie.





- Oui, Axel !



Ce ton détaché et ce soupire de lassitude laissait présager une pause bien méritée après une multitude de consultations. Axel s'amusait de l'attitude de Jade au travail. Elle semblait blazée de tout et fatiguée par une carrière qui débutait à peine. Mais elle savait que sa meilleure amie était délibérément passionnée par ce qu'elle faisait même si elle le montrait très mal !





- Salut Kristen ! Ca va ?
- De mauvaise humeur mais on fait avec...
- Hum. Tiens, je suis devant le café de Flore et je suis presque certaine que ton Tom est dedans.
- Tu le vois là ?




L'entousiasme de Jade était tout à coup montée en flèche, pour ne pas dire plus... Axel avait l'impression qu'elles étaient encore deux collègiennes.





- Oui. Je voulais avoir confirmation que c'était bien lui...
- Ok ! Décris le moi.
- Il a des dreads attachées sur le haut de sa tête, un piercing au labret, une belle gueule. Il porte un T-shirt gris à manches longues et à capuche. Euh... un jean aussi, je crois. Et...
- C'est bon, ok. C'est bien lui ! L'interrompit-elle
- D'accord.




Elle souffla et se tourna dos au café pour ne pas avoir l'air trop bizarre. Ce serait dommage de se faire repérer maintenant...




- Bonne chance, alors !




Elle savaient toutes les deux ce que cette phrase signifiait. Cela voulait dire << L'opération espionnage commence maintenant. Si tu te fais griller, je te tue. Bon courage et ramène moi des informations utiles. Merci.>> Elle raccrocha mais garda son téléphone à l'oreille, guettant du coin de l'oeil la sortie de Tom.




Fin Flash Back







- Après que je t'ais appelé, j'ai attendu qu'il sorte et qu'il me distance de vingt mètres avant de me mettre à le suivre. Heureusement, il y avait pas mal de monde dans la rue, c'était moins repérable. D'ailleurs, il portait bien un jean... et des converses aussi ! Il a marché pendant cinq bonnes minutes et il a tourné dans une rue perpendiculaire. Rue Bonaparte, je crois... Tu vois où c'est ?
- Vaguement.... Continue !
- Et donc, il est entré dans une résidence. Je pense qu'il y habite, il a ouvert sa boite aux lettres. Et donc, après qu'il soit monté, je suis rentré et j'ai regardé toutes les boites aux lettres. Il s'appelle Tom Kaulitz Trümper. Ce qui est dingue, c'est que déjà en le voyant, il me disait un truc ce type... Mais le nom c'est encore pire !
- Tom Kaulitz.... Répéta Jade, partie dans ses pensées
- Oui. Tu avais raison Jade, il a menti en disant qu'il habitait au bout du boulevard. Cette rue se trouve bien avant ton appart ' !
- Pourquoi a-t-il menti ?
- Il avait peut être une bonne raison !
- Mais c'est ridicule !
- Ecoute Jade, tu ne peux pas juger tant que tu ne sais pas. Attends qu'il te recontacte et vois jusqu'à quel point il est capable de te mentir. Et si ça va trop loin, interviends, d'accord ?
- Mais je...
- D'accord ?! Insista-t-elle
- Oui !




Jade croisa les bras en soufflant. Axel arrivait toujours à avoir gain de cause avec elle. C'était juste, tout simplement, mais non moins dégueulasse. Elle jeta un coup d'oeil à sa montre en grimaçant et passa une main dans ses cheveux.





- Euh... Jade ? Faut que je passe au bureau à quatre heures et demi et il est déjà quatre heures, alors si tu pouvais...
- Quoi ? Tu me mets à la porte ? Constata-t-elle d'un ton faussement indigné
- En clair, ouais ! Essaya-t-elle dans un sourire crispé




Sympas !





- Ok !




Jade se leva d'un bon, enfila son parcat beige et jeta son sac à main sur son épaule. Le tout dans des gestes vifs et forcés, frolant la colère. Elle aimait jouer à l'indignée. Elle savait d'avance qu'Axel l'appelerait dans une heure pour s'assurer qu'elle ne lui en voulait pas et la jolie brune s'en amusait. Elle se dirrigea vers la porte d'entrée...





- Bon vent !







.... et la claqua magistralement.





Axel resta atterrée de cette sortie précipitée et cligna des yeux plusieurs fois. Puis elle s'effondra sur le canapé en riant aux éclats. Mademoiselle Kristen était tout ce qu'elle connaissait de plus bizarre et imprévisible, et elle s'en étonnait à chaque fois. Peut être était-ce pour cela que leur amitié tenait bon et avait réussi à perdurer malgré le temps et les épreuves. Elle ne s'était jamais posé la question quant à savoir ce qu'elle ferait si elle perdait Jade, et n'essayait même pas de l'imaginer.




Rien, probablement.





Jade était tout simplement un bout de son passé, de son présent, et de son avenir. Et rien que pour cela, elle savait qu'elle lui était indispensable. Bien plus que n'importe quel homme, boulot, somme d'argent. Elles avaient toujours fait passé leur amitié avant tout le reste. Jusqu'à se disputer avec leurs parents, jusqu'à se retrouver dans une cellule de commisseriat à l'age de 16 ans, jusqu'à se mettre tout le monde à dos... Elles étaient, à deux, indestructibles et puissantes.





C'était Jade & Axel.






Contre le monde...







- - - - - - - - - - - -






Le manteau de neige était encore assez clair, limpide, voir blanc. Le soleil s'y reffletant faisait briller ses yeux et il ne se détachait pourtant pas du paysage. Il se sentait perdu entre la clarté de la neige et la douceur d'un printemps nouveau. Comme si le temps s'était suspendu pour lui donner ce que la nature avait de plus beau à offrir. Il voyait d'un endroit à l'autre de l'herbe d'un vert vif, annonçant le début d'une nouvelle saison. Il entendait comme un chant lointain et familier les cris des oiseaux qui se posaient sur les branches des arbres à peine fleurissant. Il se délectait du spectacle avec une attention particulière, tel un enfant devant le Père Noël du centre commercial. Il s'émerveillait du paysage que les traces de doigts sur la fenêtres ne rendaient pas parfaitement net. Il ressera les pans de sa couverture et baissa les yeux sur le noir du café qui réchauffait ses mains. Une plainitude l'envahit soudain, et il s'en surpris. Il ferma lentement les yeux et apprécia ls rayons du soleil qui lui brulaient le visage. Il soupira de bien-être et porta la tasse à l'éfigie du Roi Lion à ses lèvres. Il sourit en repensant de tout ce qu'avait pu être témoin cette ridicule tasse. Il avait suplié sa mère de l'acheter lorsqu'il tomba dessus à la superette du coin, clamant avoir eu un véritable coup de foudre pour cette sublime tasse. Sa mère avait répété son prénom une trentaine de fois avec lassitude, ayant l'espoir de dissuader son fils ainsi. Mais s'avouant finalement vaincu, elle l'avait prise puis posée dans le cadis, se maudissant de se plier aux ordres de son petit garçon qui n'avait que huit ans. Il se rappela aussi s'être fait une frayeure énorme en versant du lait dans la tasse, la poser au bord de la table afin que le chat puisse boire dedans ( un chat tellement paresseux qui réussissait avec peine à tendre le cou pour boire ). Et puis Kasimir avait failli faire tomber la tasse et la briser en mille morceaux. A la place, c'est le lait qui avait atterri par terre et éclaboussé les pieds du petit garçon. Il y avait la fois, aussi, où il s'était battu corps et âme contre son frère pour récupérer la tasse qu'il lui avait piqué pour l'énerver. Il avait finalement réussi à la récupérer en tabassant son cher frère à coup de cuillière en bois.


Son frère...





Ouais, son frère.

Son frère, qui était accessoirement son jumeau.

Son frère qui avait foutu le camp, quatre ans auparavant.





Ouais, ce frère-là !




La tasse du Roi Lion et ses péripécies étaient à des années lumière à présent. C'était le début du printemps, certes. C'était aussi le cinquième printemps de Bill sans son frère jumeau. Il ignorait tout de sa vie depuis son départ. Il ignorait où il était, ce qu'il faisait, à quoi il pensait, s'il était toujours en vie. Non. Ca, il le savait. il ressentait toujours ce petit tiraillement dans son estomac qui lui chuchotait que Tom était encore quelque part sur cette Terre. Ce qu'il espérait par dessus tout, c'était de manquer à son frère au point de le faire souffrir. Souffrir autant qu'il avait pu souffrir un matin de Janvier, en entrant dans la chambre de Tom et en découvrant que le dit-Tom n'était plus ici, ayant emporté avec lui toutes ses affaires et sa vieille guitare sèche. Alors, il avait su. Sans chercher à regarder autre part dans la maison, il savait que Tom était parti. Et ce pour une durée indéterminée. Au fond de lui, il savait que cela finirait par arriver, mais il avait secrètement espéré que ce jour-là arrive le plus tard possible. Ainsi, lorsqu'il avait vu la chambre de son frère casiment vide, il s'était dit que peut être c'était mieux ainsi. Que le départ précipité de Tom avait évité des scènes d'adieu et des jours d'appréhension d'un départ iminent. Erreur. Ce n'était pas mieux ainsi. Tom n'était pas revenu. Et pire encore, il avait la désagréable impression que c'était comme s'il était mort. Il soupira, cette fois-ci de lassitude, et retint son souffle écoutant le son s'arrêter pour reprendre de plus belle. Il détestait cette chanson, il les déstestait toutes. Pourtant, il les écoutais à longueur de journée, sans vraiment savoir pourquoi. Il ne savait pas non plus exactement pourquoi il avait écrit cette chanson. Encore une promesse de jumeaux surement, déduit-il. Ich bin da ~ . Foutaises. Non, Tom n'était pas là. C'était tout simplement ridicule. Son coeur se serra et il ferma fort les yeux pour s'empécher de pleurer. Pourtant, une larme s'échappa par inadversance.
Puis deux.
Puis trois.
Puis cent.
C'était un tourbillon sans fin et ce depuis quatre longues années. Il pleurait silencieusement, assis devant la fenêtre de la chambre de son frère et implorait le retour de son jumeau prodige. Il lui vouait une attention maladive. Si bien qu'il pensait à lui presque constament. Ca l'effrayait d'un côté mais il ne savait pas faire autrement. Alors il faisait ainsi.





La porte grinça sourdement et de timides pas s'approchèrent dans son dos. Il ne se retourna pas, il ne bougea pas. Il se contenta de fixer l'horizon avec des champs recouverts de neige à perte de vue. Il sentit une présence et des yeux posés sur lui. Il sentit même, et c'était cette fois plus qu'une impression, une main se posait sur chacun de ses genoux. Il devinait plus qu'il ne voyait, les yeux verts de son ami et accessoirement aincien bassiste de son ancien goupe de rock, fixés sur lui et un air désespéré mais déterminé sur le visage.
J'ai nommé:



Georg Moritz Hagen Listing




Il soupira, découragé par avance. Lorsque Bill ne voulait pas parler, il n'y avait absolument rien à faire. C'était une cause définitivement perdue.




- Bill...




Aucune réponse, comme par surprise !



- Bill. Tu ne peux pas continuer comme ça, à attendre que Tom revienne. Il ne reviendra pas et tu le sais. Je sais que c'est très dur mais ça fait quatre ans ! Crois-tu vraiment qu'il se torture pour toi comme tu le fais pour lui ?




Toujours rien...




Extérieurement, il était impassible, presque indifférent. Mais intérieurement, il hurlait. C'était plus qu'il ne pouvait supporter. Il avait juste envie de secouer Georg comme un prunier et lui criait de se taire. Mais il n'en fit rien. Il resta là, les yeux perdus entre la fenêtre et son petit monde.




- Il faut que tu recommences à vivre. Tu ne vas pas rester là éternellement quand même !



Ses yeux se remplirent de larmes et sa gorge se serra au point de lui faire mal. Il aurait voulu disparaitre et revenir cinq ans plus tard, pour retrouver son jumeau adoré.




- Tom ne reviendra pas. Conclut Georg, le ton plus dur qu'il ne l'aurait voulu



Il baissa le regard sur Georg, accroupi, qui avait les yeux toujours rivés sur lui. Les muscles de son visage se contractèrent et un sanglot s'échappa de ses lèvres, malgré lui. Il regarda Goerg se reveler, ne le quittant pas des yeux. Il le suppliait presque, de lui rendre son frère, de le ramener à la maison. Georg évitait soigneusement son regard. Il posa une main ferme et bienveillante sur son épaule avant de quitter la pièce, dans un silence funeste. Bill baissa un peu plus la tête. Comme si le poids du chagrin s'affaissait sur son corps frêle. Il ferma les yeux lentement, laissant les larmes dégringoler une à une, sans même lutter. Il ne voulait pas écouter Georg. Il ne pouvait pas écouter Georg. Il savait. Ce n'était pas une intuition, un pressentiment, une impression, un espoir ou une envie. Non, rien de tout cela. C'était bien plus que ça. Il savait. C'était clair, juste et limpide. Il en était certain. Il savait que Tom allait revenir.






Peut être même plus tot qu'il ne l'imaginait....





8< - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -



Je voulais vous dire Merci. Vraiment. Merci d'avoir fait l'effort de m'écrire de si beaux commentaires. Ca me touche vraiment. Et je voulais aussi m'excuser, d'éxiger des choses alors que moi j'ai la chance que d'autre n'ont pas. Celle d'avoir des lectrices aussi fidèles et dévouées. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir d'aussi beaux commentaires. Alors vraiment, Merci. Si je vous ai paru trop exigente, prétencieuse ou quoi que ce soit d'autre, je m'en excuse. Voilà ! : )


Pour ce qui est de la suite, tous les personnages (principaux du moins) sont entrés dans l'histoire. Ca s'installe doucement et on va bientot rentrer dans le vif du sujet ! Pour ce qui est de Bill et de sa tasse, c'est surement spécial et risqué, on aime ou on n'aime pas. Mais je voulais inover et faire quelque chose qui sortirait de l'ordinaire. J'aime vraiment cette partie du chapitre. Où Bill et Georg ont un échange presque silencieux. J'ai mis beaucoup de temps à écrire cette scène, tourner les phrases, peser chaque mot. Et je suis satisfaite du résultat. J'espère que vous le serez aussi ! Les enfants, nous n'êtez pas assez observatrices. Si vous faisiez un peu plus attention, vous pourriez découvrir des choses assez sureprenantes sur Mademoiselle Kristen. Je vous laisse des indices un peu partout au fil de l'hstoire, pour vous mettre sur la voie. Mais j'dis ça, j'dis rien moi ! ; )


Je ne sais pas quand la suite arrivera. Je n'ai pas commencé à l'écrire. Elle sera surement postée le week-end prochain. Alors en attendant, je vous souhaite une xecellente rentrée et beaucoup de courage. Je crois qu'il va nous en falloir! xD



Des bisous. <3


Pauline.

# Posté le vendredi 08 août 2008 13:47

Modifié le dimanche 31 août 2008 10:37

--Chapitre III------<- -Ne me juge pas mal, mais considère moi plutot comme quelqu'un qui de temps en temps a le coeur trop lourd. ->--Partie 2 --

--Chapitre III------<- -Ne me juge pas mal, mais considère moi plutot comme quelqu'un qui de temps en temps a le coeur trop lourd. ->--Partie 2 --



Un ordinateur portable.

Un esprit troublé.

Une jolie femme fatiguée.





Jade frotta pour la énième fois des yeux épuisés, espérant chasser une impression de fatigue. Elle tapait de ses doigts manicurés des notes personelles sur une thèse qu'elle avait commencé il y a déjà deux ans de cela. De la prévention des effets de la canicule chez les nourissons, elle en connaissait maintenant tout un rayon. Son rapport s'élevait maintenant à plus d'une centaine de pages. Et elle pensait cela interminable, voir même insurmontable. Elle était figée devant son écran depuis plus de quatre heures et la nuit était à présent bien entamée. Elle jeta un coup d'oeil au paysage que lui offrait sa baie vitrée et bailla très fort. Elle entendait au loin le bruit des voitures qui circulaient dans le boulevard et les soupirs du chat, allongé à côté d'elle, emporté par un sommeil profond. Elle sauvegarda ce qu'elle avait eu tant de mal à taper et ferma son ordinateur avant de se lever et de s'étirer de façon peu gracieuse. Le chat se risqua à ouvrir un oeil et finit par se réveiller en baillant très fort à son tour. Jade passa une main paresseuse entre ses oreilles et emporta le chaton avec elle dans la cuisine. Elle le posa par terre et versa un peu de lait dans sa gamelle. Tom se frotta à ses jambes nues et accourut boire le lait. Elle l'observa quelque secondes, un sourire attendri collé au visage, puis s'en alla de la cuisine. Elle pénétra dans sa chambre et se laissa retomber sur son lit. Ses yeux se fermaient tout seul, pourtant son esprit lui semblait troublé et infatigable. Elle pensait à des tonnes de choses à la fois et ne semblait pas pouvoir s'arrêter. Emportée dans un tourbillon dans lequel elle se sentait prise au piège. Aujourd'hui cela faisait trois semaines jour pour jour qu'elle connaissait ce Tom Kaulitz, et elle regretta presque de l'avoir rencontré. Elle ria jaune, se trouvant absolument ridicule de penser autant à lui et de compter ainsi les jours. Quel genre de fille était-elle pour s'attacher à ce point à un type comme Tom ? C'était tout simplement grotesque. Elle n'avait plus quinze ans ! Elle avait bien d'autres choses à penser que de se torturer l'esprit. Pourtant, c'était à lui qu'elle pensait lorsqu'elle était seule dans le métro, la joue écrasée contre une vitre et le regard perdu dans le vide. C'était aussi à lui qu'elle pensait lorsqu'elle croisait une voiture dont la plaque d'imatriculation affichait fièrement un DL sur fond bleu. C'était encore à lui qu'elle pensait lorsqu'elle mangeait un quelconque plat italien.





Elle avait dépassé depuis quelques jours le stade de l'impatience. Assurément, elle était toujours impatiente de le revoir. Mais maintenant, c'était quelque chose de plus profond. Ca frollait presque l'obsession sans qu'elle ne l'atteigne jamais. Ca lui nouait l'estomac et prenait possession de tout son esprit. Elle en arrivait même au stade de se ronger les ongles et grater son vernis. Plus troublant encore, c'était une sensation qui la déstabilait complètement parce que nouvelle. Elle était inquiète. Réellement inquiète. Le plus grave était qu'elle n'avait jamais été inquiète pour n'importe quel homme hormis son père, et qu'elle se retrouvait à se faire du mauvais sang pour un casi inconnu.





Elle inspira calmement et observa le plafond noirci dans la pénombre. Elle vit, avec peine, une fissure sur la surface lisse et suivit la ligne des yeux. Elle entendit le ronronnement du chat qui grimpa sur le lit pour se poser sur son ventre et se froter contre sa peau nue. Elle ria de la sensation des poils lisses du chat contre elle et le caressa paresseusement. Ses paupières lui semblèrent extrêmement lourdes et elle s'endormit là, dans le halo du lampadère qui éclairait faiblement sa chambre, le chat ronronnant sur elle et un T shirt étriquet qui lui remontait à mi-ventre.







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Il prit une feuille de cigarette et comença à rouler un joint, toujours avec cette éternelle nonchalence. Au fil du temps, ses gestes étaient devenus plus automatiques que réfléchis. Il avait appris à rouler son premier joint il y a de cela dix ans. Cependant, à l'époque, c'était quelque chose d'occasionnel et il ne pouvait s'empécher de toussoter à la première bouffée. Des évènement et du temps étaient passés par là depuis, aujourd'hui il ne pouvait plus se passer de cela, de tous ces gestes et de ces sensations. C'était devenu une obsession, pire encore, il en était devenu dépendant. Ce n'est qu'en étant stone, qu'il se sentait vraiment bien. Lorsqu'il sentait son monde se dérobait sous ses pas et que le canabis n'avait plus vraiment l'effet escompté, il passait à quelque chose de plus fort. La sensation du liquide coulant dans ses veines le mettait dans un état de transe totale. Là, il se laissait basculé en arrière, et souriait au plafond qui ne lui rendait jamais. Il restait là des heures durant, gisant sur le sol à chercher du bonheur là où il n'y en avait plus et finissait par somnoler sans dormir vraiment. La descente était toujours difficile, et c'était surement pour cela qu'il n'arrivait pas à devenir dépendant de l'héroïne. Il en gardait un mauvais souvenir pendant quelques temps et finissait par oublier. Puis, lorsqu'il se sentait plus bas que terre, il recommençait.





Il l'alluma et le présenta à ses lèvres. Il soupira, pas de bien être cette fois. C'était plus quelque chose qui ressemblait à de la contrariété. C'était vague et indécis mais il savait que cela le rendrait mal et qu'il le resterait, même après avoir fumé ce joint. Il se demanda s'il arriverait un jour à passer une journée sans fumer de cette merde. Il ne se rappelait même plus le gout d'une cigarette. Et il fumait des quantités de canabis telles qu'il commençait à sentir son corps rouiller et s'épuiser lentement.





Il l'écrasa sans même y avoir touché. C'était un symbole dont il connaissait la signification. Il savait que dans vingts ans, il se souviendrait encore de ce geste. C'était fini. Définitivement fini. Il ne vivrait plus ainsi. Il allait commencer à vivre dès maintenant. C'était le dernier joint. Demain, il irait voir un médecin. Demain, il demandera de l'aide...








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6:28
Elle soupire dans son sommeil



6:29
Elle se peletone contre un chat






6:30

Le réveil sonna. Jade grogna et lança une main hazardeuse sur le radio-réveil. Elle s'enroula avec délectation dans la couverture, ouvrit de petits yeux fatigués et posa un pied hésitant sur le plancher. Elle siffla entre ses dents, au contact du bois froid contre sa peau et fila s'échouer, dans la cuisne, sur un des hauts tabourets du bar. Elle frotta ses yeux en baillant et se leva sans conviction, pour se préparer un chocolat chaud. Le manque de sommeil dessinait sous ses yeux, de petites poches, témoins d'une nuit courte et agitée. Elle ne but finalement que la moitié d'une tasse et traina les pieds jusqu'à la douche où elle se laissa aller sous l'eau chaude.







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Elle avait toujours aimé le transport souterrain. Déjà petite, elle suppliait Axel et sa maman de les y accompagner. Elle aurait pu rester des heures dans un wagon de métro, à regarder la foule défiler. A observer un vieux monsieur lire son journal, à rire d'un petit garçon qui lui tirait la langue, caché derrière les jambes de sa mère. Encore aujourd'hui, elle souriait à l'idée d'entrer dans une bouche de métro. Sous le béton, la vie continuait et les gens ne s'arrêtaient jamais. Elle passait ses trajets en métro à dévorer des romans et peut être qu'elle aimait tant ce moyen de transport car c'était le seul endroit où elle pouvait lire en paix. Jade avait toujours eu un bazard immense dans ses sacs à main. Mais la seule chose qui n'ait pas changé, c'est ces bouquins qui la suivaient partout.




Jade avait ce qu'on pourrait appeler un train de vie accéléré. Pas de place pour les imprévus. Réveil 6:30; métro 7:30, consultations 8:00, re-métro 18:00. Elle ne s'endormait que très tard le soir, après avoir passé des heures devant un écran d'ordinateur à taper une thèse, qui devenait maintenant plus que conséquente. Elle avait accumulé un retard considérable, et ne devait la rendre que dans trois semaines. Jade avait parfois cette impression de vivre plus que de ressentir. Il y avait des jours où elle mettait juste le pilotage automatique et le monde ne le remarquait même pas. Elle passait plus de temps à l'hopital que dans son apartement et rentrait le soir, vidée de toute énergie. Elle avait juste assez de force pour mettre un CD et s'effondrer sur le canapé. Parfois, elle enviait un peu Axel qui trimait à faire des piges à droite et à gauche, mais dont les journées n'étaient baties que sur l'imprévu. Axel n'avait pas un boulot fixe, bien qu'elle ait une carte de presse et que les piges devenaient un peu plus conséquentes. Mais au moins, elle ne travaillait pas dix heures par jour et ne rentrait pas le soir chez elle, complètement épuisée.






Elle finit par lever les yeux de son livre et le ferma d'un geste sec. Elle se leva et sortit du métro pour faire les cent mètres qui la séparaient de l'hopital. Elle passa à l'accueil récupérer son planning de rendez-vous et se dirrigea vers son bureau. Elle ouvrit les staures, et s'arrêta deux minutes pour regarder le soleil briller. Elle sentait une vague de mélancolie déferler en elle depuis quelques jours, et ignorait d'où elle venait. Du moins, c'est ce dont elle espérait se persuader. Car beaucoup de raisons en étaient la cause, dont une qui s'appelait Tom. Voilà quatre jours qu'elle lui avait laissé ce message ridicule et hésitant sur sa messagerie, mais toujours rien. Au fond, elle ne savait pas vraiment si elle en était soulagée ou déçue. Elle ne savait pas trop dans quoi elle s'embarquait et préféra admettre que c'était un soulagement. Même si quelque part, elle avait l'intime conviction que cela sonnait un peu faux... Elle soupira et enfila sa blouse blanche. Elle s'écroula, submergée, par le poids de la lassitude, sur un fauteuil en cuir trop beau, d'un bureau beaucoup trop grand. Elle savait qu'elle méritait tout cela. C'était le fruit de plusieurs années de travail, de plusieurs nuits blanches interminables, de périodes où elle s'était pour ainsi dire coupée du monde, où sa vie ne se résumait plus qu'à aller en cours et travailler sur les dit-cours jusqu'à tard le soir. C'était un sacrifice tel qu'elle avait passée des semaines sans voir sa meilleure amie et son père. Alors, en se remémorant tout cela, elle savait qu'elle méritait ce fauteuil en cuir noir, ce bureau de verre trop grand, et cette salle de consultation trop vaste pour une seule âme tourmentée. Mais il y avait au fond d'elle une part de cupabilité qui venait roder autour d'elle, sans lui laisser le moindre répit. Dans ces instants-là, c'était la petite Jade trop soucieuse du monde qui l'entoure qui parlait. Dans ces instants-là, une dérengeante impression s'éprenait d'elle. Comme si cet apartement, ces vêtements, ce boulot, cette vie, ne lui correspondait pas, était trop pour elle.





Jade s'était toujours promis de travailler dans l'humanitaire, après avoir eu son diplome. Du moins, autant qu'elle le pourrait avant de se sentir trop vieille et inutile, et devoir construire une vie stable. Seulement, elle avait connu avant tout le monde, l'addition d'un tour du hazard et d'un mauvais jeu de circonstances. Elle s'était sentie trahie par la vie, le jour où sa conscience lui avait murmuré à l'oreille que ces grands projets à la Docteur Queen, où elle pourrait sauver le monde, tombaient à l'eau. Elle s'est alors laissée plonger dans la tourmente du travail et l'automatisme d'une passion aveuglante. Mais ce matin-là, alors que sa première consultation de la journée arrivait dans trois minutes et cinquante cinq secondes, la petite Jade lui laissa un moment de répit. Un franc sourire s'étira sur ses fines lèvres et elle alluma son ordinateur, son plus fidèle compagnon depuis plusieurs mois.








11:23, dans l'embrasure d'une porte




- Au revoir Madame, soignez-vous bien !





Elle s'assura que la presque-centenaire, se dirrige bien vers la sortie et retourna s'assoir derrière son bureau. La prochaine consultation ne viendrait pas avant dix minutes, et elle en soupira d'aise. Elle enleva ses lunettes, et pinça le haut de son nez entre son pouce et son majeur, espérant faire disparaitre cette douloureuse impression que cette paire de lunettes ne lui allait plus. Elle déboutona les boutons à pression de sa blouse d'un geste habile, se sentant opressée et marcha d'un pas pressé jusqu'à la machine à café, dans un recoin du couloir. Elle inséra une pièce de deux euros et sélectionna un thé nature. Elle but une gorgée et soupira de contentement, sentant le liquide brulant passer dans sa gorge. Elle avait du arrêter la caféine et la nicotine depuis deux mois, et le café qu'elle avait pris l'habitude de boire dans la matinée était celui qui lui manquait le plus. Autant que la cigarette qu'elle ne fumait plus, tard le soir, en discutant au téléphone -quand ce n'était pas face à face- avec Axel.




En repensant à Axel, elle se promit de l'appeler à sa pause, ce midi, et lui proposer un restaurant à la fin de la semaine. Elle finit son thé et jeta le gobelet dans la poubelle. Son crayon glissa et elle le ratacha dans le bordel diforme qui représentait aujourd'hui ses cheveux. Malgré son style vestimentaire très soigné pioché d'un grand couturier à un autre, son maqullage toujours de bon gout et son vernis impécablement bien fait, Jade ne donnait pas l'impression de quelqu'un de superficiel. Elle avait de l'argent et ne s'en cachait pas. Pourtant, apart par extrême jalousie, jamais une quelconque personne ne pourrait la taiter de superficielle. Surement parce qu'elle portait un je-ne-sais-quoi de naturelle, et qu'elle portait bien. Peut être aussi, car malgré son regard perçant, elle avait cet air mutin et innocent qui ne cadrait pas à la perfection avec ce charisme qu'elle dégageait. Jade Kristen était tout sauf superficielle.





Elle leva les yeux sur l'horloge murale, accorchée au dessus de la machine à café et constata que ce serait un coup de chance si son prochain patient n'était déjà pas en train de s'impatienter dans son bureau. Du coin de l'oeil, elle eut la furtive image d'une masse informe de dreadlocks. Elle n'osa tourner la tête et regarder franchement qui marchait d'un pas vif dans le couloir, de peur d'y découvrir quelque chose de regretable. Au lieu de cela, elle fronça les sourcils en secouant la tête pour chasser cette image qui commençait déjà à hanter son esprit. Elle partit dans la direction opposée de cet inconnu, qui en fait, ne lui semblait pas si inconnu que cela et entra dans son bureau. Son rythme cardiaque lui sembla beaucoup trop rapide pour convaincre sa raison qu'il était normal. Jade était persuadée d'être essouflée, comme si elle venait de courir. Sa patiente, assise précocienseument sur la bord de la chaise, se retourna l'air étonné et la dévisagea. Elle essaya un sourire rassurant et accueillant à cette gamine et s'assit en face d'elle.







- Excusez moi pour le retard.
- C'est pas grave.
- Qu'est-ce qui vous arrive ?
- Et bien en fait...





C'est tout ce que perçut Jade du discours de l'adolecente. Son esprit se retrouva confus, dans le brouillard. Elle tenta de faire taire cette voix dans sa tête qui lui hurlait des choses qu'elle ne voulait pas entendre. Tout ce qu'elle comprit du récit de la jeune fille, c'est qu'elle avait un retard de trois semaines dans ses règles et qu'elle avait peur d'être enceinte.





- Oh !






Elle s'en voulut de répondre cela. Ce n'était pas très professionnel. Elle était persuadée d'avoir effrayé l'adolescente. Mais c'était plus fort qu'elle, elle s'était sentie confuse et prise de court.






- Quel âge avez-vous ?
- Seize ans et demi.
- A quel âge avez-vous eu vos premières règles ?
- Treize ans, pourquoi ?





La jeune fille paraissait agressive et méfiante. Jade sut que ça s'annonçait délicat et compliqué. Surtout que l'adolescente semblait ne pas du tout l'aimer. Elle devait se dire que Jade n'était qu'une gosse de riche qui ne pouvait pas comprendre et qu'elle n'allait pas manquer la moindre occasion de la critiquer. Du moins, c'est ce que pensa la jeune femme...







- Calmez-vous, ce ne sont que de simples questions. A quand remonte votre dernier rapport sexuel ?
- Mon quoi ?
S'énerva l'adolscente. Cela ne vous regarde pas !
- Votre dernier rapport sexuel. Rétorqua Jade en détachant chaque mot d'un ton qui ne laissait présager aucune contestation
- Trois semaines. Répondit-elle entre ses dents serrées.
- Vous êtes-vous protégé ?
- Pardon ?
- Avez-vous utilisé un moyen de contraception ?
- Nous avons utilisé un préservatif, mais...
- Prenez-vous la pillule ?
- Non.





Elle soupira, prit un stylo et un bloc d'ordonnances.




- Très bien. Votre nom et votre age, s'il vous plait.
- Rachel Marti. Seize ans et demi.
- Je vais vous prescrire une prise de sang, dès que vous aurez les résultats, repassez me voir, ok ?
- Oui. Dit-elle sans aucune conviction





Elle décolla la feuille et la tendit à l'adolescente, qui lui arracha casiment des mains.




- Au revoir ! Anonça-t-elle avec ironie





Le silence lui répondit et elle se laisa aller contre le dossier de son fauteuil en croisant les bras. La petite voix reprit du galop et Jade la laissa parler. Après tout, elle ne pouvait pas lutter contre elle-même et ce qu'au fond elle penser être. Après tout, ce n'était qu'une hypothèse, une image furtive qui n'a duré que quelques dixièmes de secondes. Pourtant, elle avait l'étrange certitude de ne pas se tromper. La masse informe qu'elle avait cru voir voler, elle était persuader de la connaitre. Et cela ne fit aucun doute. C'était Tom que Jade était persuadé d'avoir vu il n'y a même pas une heure...







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Il poussa la porte en verre et se laissa saisir par la chaleur de la pièce. Le printemps était sur le point d'arriver, pourtant l'hivers ne semblait pas décider à partir et avait empli la capitale d'un froid vif et piquant. Tom avait du enfiler un de ces vieux sweats qu'il ne mettait plus et sentait le bout de son nez engourdi par le froid. Il s'assit à une table et enleva le lourd pull en laine grise. Il se concentra un cours un instant sur la musique de fond presque imperceptible entre le tintement de la vaisselle et les éclats de voix. Il reconnut Don't know why~ de Norah Jones, puis il hala un serveur et commanda un capuccino. Il tourna la tête vers la rue et laissa ses pensées meurtries vagabonder à leur gré. Les passants ne le remarquaient pas, il les voyait à peine. Aujourd'hui Tom avait le coeur lourd. Enfermé dans une mélancolie aigue. Entre un soulagement incertain et un regret incompréhensible. La vie lui tendait les bras et cela le terrorisait. L'idée-même de recommencer à vivre lui faisait peur. Il ne savait plus rire, il ne savait plus pleurer, il ne savait plus choisir. Il s'était enfermé dans une tour d'angoisse et de regrets dans laquelle il se sentait en sécurité. Il voulait ne plus devoir choisir, il voulait ne plus faire semblant d'être heureux. Et aujourd'hui, c'était la fin. La tour s'était effondrée, emportant avec elle cette sécurité certaine. Les résolutions étaient revenues, installant dans sa tête une armée de doutes. Il ne savait même pas par quoi commencer. Lui, qui pendant quatre ans avait passé ses journées à fumer joint sur joint et broiller du noir, se retrouvait maintenant au bord du gouffre. Plus qu'il ne l'avait jamais été.






Il est allé le matin même à l'hopital, le coeur battant trop lentement, et son esprit partiellement éteind. Il a passé les portes, se laissant accueillir par l'air chaud et l'odeur des désinfectants de l'hopital. Et attendit son tour, comme une renaissance. Comme une réponse à un appel à l'aide silencieux qu'il n'oserait jamais prononcer. Il avait eu l'impression que sa vie dépendrait des cinq prochaines minutes. Et du moment où il entra dans la salle de consultation sous le regard accusateur du médecin, jusqu'au moment où il en était sorti, il avait ressenti de l'impuissance. Durant vingt minutes, sa vie ne lui appartenait plus et il la confiait à un inconnu. Il s'était senti soulagé en sortant de l'hopital. Puis cette libération s'est mélé à de la peur et de la mélancolie, puis s'est estompé au fil des heures. Et il a flané si longtemps dans les rues de la ville, qu'il eut l'impression d'avoir vécu cent ans. Le temps passait si lentement lorsque ses idées étaient claires. Il ressentait chaque sentiment avec une pureté sure. Rien ne dénaturait ses sensations. Ni même l'alcool, ni même le joint, ni même cette impression d'être prisonnier dans un étau qui se ressert, lentement.






Il porta la tasse brulante à ses lèvres et se délecta du gout que cela pouvait avoir. Hormis le fait que c'était un simple capuccino, il trouvait dans la mouse blanchatre, comme un gout de renouveau et de promesses à tenir. Maintenant, tout n'était plus qu'une question de volonté et de temps. Il baissa les yeux et regarda ses mains, posées sur le bord de la table. La paume semblait l'observer se délivrer peu à peu de ses démons, il en suivit les lignes. Il les trouva laides. Ce n'était pas une question de beauté. Avant, elles lui semblaient essentielles, parce qu'avant elles pouvaient accomplir des merveilles. Aujourd'hui, il ne savait plus quoi en faire. Il ne savait plus quoi faire de son corps. Il ne savait plus quoi faire de son esprit. Il ne savait plus quoi faire de sa personne. Il se sentait comme mort, érant sur cette Terre sans but précis. Tout était à refaire, encore une fois. Et il ne trouvait pas l'envie. Il savait qu'il allait le faire, mais il n'en ressentait pas l'envie. Il semblait déconnecté, comme si ses pieds ne touchaient plus le sol. Suspendu entre cette sensation d'être un gamin paumé et celle d'avoir raté sa vie.






Il frota son visage d'une main tremblante, espérant chasser toutes ces idées noires et plus contradictoires les unes que les autres. Il vida sa tasse d'une traite et extirpa son téléphone portable de la poche de son jean brut et l'alluma. Il tenta d'ignorer l'unique message et qui n'avait pas encore été ouvert, pour se concentrer sur la voix tremblante et hésitante qui lui demandait de le rappeler. Il avait presque oublier cette femme un peu étrange qui l'avait interpellé en pleine rue, il y a de ça presque trois semaines. Son esprit était tellement rempli de tellement de choses, le cannabis contribuant légèrement à l'oubli, il avait presque oublié ce message qui attendait d'être écouté. Il essaya tant bien que mal, allant même jusqu'à fermer les yeux, son visage ne lui revint pas en détail. Il se rappela seulement de son regard perçant, bien que très banal, et de sa voix cassée qui lui donnait cet air si sexy. Il rougit, de penser à elle de cette façon et tenta de faire abstraction de cette remarque soudaine. Il se remémora cet après midi qu'il avait passé avec elle. En y repensant, il s'était senti bien sans fumer un seul joint. Peut-être avait-il plus besoin d'elle qu'il ne le prétendait ? Peut-être pourait-elle vraiment l'aider, comme elle le prétendait ? Il s'était promis de ne plus rien à voir avec elle. Il avait eu peur de la blesser, de l'entrainer dans quelque chose qu'il ne contrôlait pas. Il ne voulait pas. Pourtant, il n'avait pas choisi. C'était elle qui l'avait rappelé. Il lui avait pourtant semblé que sa vie était bien trop pleine pour qu'elle puisse se souvenir de lui et lui accorder ne serait-ce qu'une infime importance. Pourtant, elle l'avait rappelé. Ca l'avait touché qu'elle s'inquiète pour lui. Il ne pouvait pas le nier. Voilà, qu'il revenait maintenant sur ses décisions...






A cet instant précis, il se sentit plus ridicule et minable que jamais. Il ne pouvait même pas tenir parole. Même pas envers lui-même. Quelle genre de personne es-tu ? Ca tournait en boucle, comme une chanson sans fin, désagréable, mais à laquelle on finit par s'habituer avec le temps et la lassitude. C'était une question qui restait et resterait sans réponse pendant longtemps. Il aurait voulu que Bill soit là. Il aurait voulu qu'il soit assis, en face de lui, devant un cappuccino dont la mousse le distrairait. Il n'avait ni besoin de conseils ou de leçons de morale. Les mots ne lui semblaient pas necessaire. Il aurait juste eu besoin de son regard bienveillant qui avait été son point de repère pendant des années et qui lui manquait, parfois. Il se décida finalement, avec une apréhension certaine en sachant déjà ce qu'il comptait faire.








Bonjour Jade. Comment tu vas ? Je m'excuse de ne pas t'avoir donné de nouvelles avant, j'était assez occupé. J'espère que tu ne m'en veux pas. Tom.







Etre assez occupé, ne serait pas le terme exact. Certes, son temps était largement dépensé et compté à broyer du noir, mais il n'était pas occupé. Ses journées ne se résumaient qu'à un néant total où il ne faisait que subir un tiraillement intense et perpétuel. Il avait mis fin au tiraillement, il avait sauté d'un batiment de quatre vingts étages pour attérir comme il se doit sur les aléats et les choses de la vie. Il attendit une réponse, dans une appréhension qui lui parut éternelle. La chaleur des lieux le césit et il eut l'impression d'étouffer. Il jeta quelques pièces sur la table, sortit du café en enfilant son sweat et appréciat l'humide fraicheur de cette fin d'hivers. Il regarda son portable vibrer dans sa main et se précipita pour ouvrir le message.






Non, je ne t'en veux pas. J'aurais juste aimé avoir un signe de vie, je commençais à m'inquiéter. Snino, ça va. Enfin, comme ça peut aller avec huit heures de consultations derrière soi... Et toi, quoi de beau ?






Un sourire franc se figea sur son visage et il pensa que lui, il n'avait rien à raconter car il ne faisait rien. Il ne pouvait pas être épuisé par le travail, parce qu'il ne travaillait pas. Sa vie était vide de sens, comme éclatée en morceaux. Et il allait devoir récupérer les morceaux. Et il allait devoir les recoller pour en faire quelque chose de meilleur. Quelque chose de nouveau...







Oh moi, rien de spécial ! La routine, quoi... Je me demandais, tu as un jour de libre pour qu'on se voit ?





Son coeur battit anormalement vite lorsqu'il envoya le message. Il marchait sans vraiment regarder où il mettait les pieds. Tout son corps et son esprit lui semblaient entièrement concentrés sur son téléphone portable qui vibrait dans sa main tramblante.






Pour toi, toujours ! Sérieusement, passe en fin d'après midi Samedi, je voudrais te présenter quelqu'un.





Un rire franc s'échappa de ses lèvres en même temps qu'une fumée blanche, créée par le froid qui engourdissait ses mains. Il se sentit impatient d'être dans trois jours et ne se demanda même pas qui bien pourrait-elle lui présenter.






D'accord, ça marche pour samedi. A plus tard.









When I saw the break of day

I wished that I could fly away

Instead of kneeling in the sand

Catching teardrops in my hand













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Après plus d'un mois d'absence, voilà la suite. J'espère qu'elle est à la hauteur de vos espérances et que ça valait le coup de vous faire patienter...


Je n'ai vraiment le temps de rien en ce moment. Les profs nous en demandent beaucoup et je suis overbookée de devoirs. Je passe beaucoup de temps à travail, ce qui fait que je n'ai plus le temps de grand chose. Lorsque j'essaie d'écrire, j'ai l'esprit ailleurs. Tout est là, les idées, le scénario, les mots. Tout. Mais je manque de temps et de concentration. Voilà pourquoi j'ai mis un mois à pondre ceci. Je pense que je vous devais au moins une explication. Sinon, j'aime vous voir vous casser la tête pour savoir si Jade a des problèmes de santé. C'est certes assez sadique, mais vraiment rigolo! XD Mais je ne vous dirai rien... :P


Pour ce qui est de cette suite, en la relisant, je la trouve décousue du reste. Peut être parce que ça fait un bout de temps que je travaillais dessus. Toujours est-il, que niveau logique et fluidité, je n'ai pas pu faire mieux. J'en suis quand même contente, et moi j'aime bien ce texte, en fait. Vous remarquerez qu'il est très pauvre en dialogue. Je n'aime pas lire des fictions sans dialogues. Ce qui est vraiment bizarre puisque je n'en ai écrit que peut dans mes textes. Je crois que je suis tout simplement pas douée pour écrire des conversations. Mais j'y travaille...


J'attends impatienciament votre avis, comme d'habitude. La suite devrait être là, au début des vacances, au plus tard. J'espère que vous pourez patienter jusque là. En tout cas, merci d'être aussi présentes, ça me fait vraiment très plaisir.



Des bisous. <3


Pauline.



# Posté le vendredi 29 août 2008 08:51

Modifié le vendredi 10 octobre 2008 13:14

--Chapitre III------<- -Ne me juge pas mal, mais considère moi plutot comme quelqu'un qui de temps en temps a le coeur trop lourd. ->--Partie 3 --

--Chapitre III------<- -Ne me juge pas mal, mais considère moi plutot comme quelqu'un qui de temps en temps a le coeur trop lourd. ->--Partie 3 --
Flash Back




Il laissa les rayons du soleil atteindre ses yeux ensommeilés à travers ses paupières closes et resserra l'espaisse couette autour de son corps fin, se maudissant de dormir en boxer en plein hiver. La chambre était enveloppée dans une douce fraicheur et la buée qui s'était formée durant la nuit sur le verre des fenêtres se dissipait peu à peu. Il ouvrit les yeux et se laissa le temps de s'habituer à la lumière du jour. Il tourna la tête vers le réveil -son pire ennemi durant des années- qui affichait 10:01. Il s'extirpa des couvertures et s'étira si fort qu'il fit peur au chat qui tomba du lit. Il le récupéra dans ses bras et le posa sur ses genoux.





- Pardon Kasimir !




Le chat miaula en guise de réponse. Il caressa le bout de son museau avec prudence et laissa le chat lui lécher le bout des doigts de sa langue rugueuse. Il avait toujours aimé le contact rugueux et rapeux de la langue du chat sur sa peau. Il le laissa sauter et se faufiler dans l'encadrement de la porte. Il s'étira avec disgrace et enfila un vieux sweat piqué la veille dans la chambre de son frère. Il ota l'élastique de son poignet droit et attacha ses cheveux d'un geste habile et habitué. Il les avait coupé récemment. Pas trop court, pour pouvoir encore les attacher. Pas trop long, pour quand même marquer un changement.




Il ouvrit la porte de sa chambre et marcha dans ce couloir qui lui avait tant fait peur, autrefois. Il s'arrêta devant une photo de son frère et lui, entouré d'un encadrement en bois. Il se rappela le jour où cette photo fut prise. Ils avaient tout deux huit ans et Bill regardait Tom jouer avec sa première vraie guitare. Il se rappelait encore ce sentiment de fierté qui avait gonflé son coeur. La photo en transpirait d'ailleurs d'admiration. Il était juste assis à côté de lui sur le grand lit de leurs parents et Tom, tête baissé, semblait concentré sur sa guitare. Et Bill le regardait avec curiosité et émerveillement. Il sourit à ce souvenir et se rappella encore entendre raler Tom, ayant loupé un accord. Par nature des choses, il revit le parcours de son frère, jusqu'à cet instant. Jusqu'à leur vingt trois ans. Il ressentit une pointe de culpabilité en imaginant les épreuves qu'avait du traverser son frère. Son sourire s'effaça et il eut une impression de malaise. C'était bien trop vague et indécis pour qu'il ne puisse pas s'en préoccuper. Il essaya de l'ignorer et se reconcentrer sur la photo. Il n'y parvint pas et dut se rendre à l'évidence. Il avait un mauvais pressentiment. Du genre inévitable et effrayant. Du genre qui prend au coeur et qui ne disparait pas. Du genre qu'il se précipita devant la chambre de son frère et il ouvrit la porte violemment. Il resta figé et immobile. Entre le blanc de l'encadrement de la porte et le rouge des murs de cette chambre. Il resta ainsi si longtemps qu'il crut assister à l'arrêt total de son corps. Il fit un pas dans cette chambre et ouvrit les portes du placard avec angoisse et maladresse. Rien. Il ne restait rien. A part ces casquettes et ces baggys qu'il ne mettait plus depuis un certain temps et que Bill avait tant de fois maudit. Il n'y avait plus non plus cette vieille guitare qu'il avait eu pour ses huit ans et qu'il n'avait jamais quitté. Il se laissa tomber sur son lit défait et jeta un coup d'oeil circulaire à la pièce qui lui sembla étrangère.




Il savait. C'était quelque chose de tellement inévitable que c'était obligatoirement ça. Mais il ne voulait pas se rendre à l'évidence. Il ne voulait même pas penser à cette éventualité. Ce serait comme rendre tout cela trop réel. Ce serait comme constater que quelque chose n'a pas marché. Ce serait comme se dire que tout est de sa faute, qu'il aurait pu éviter cela. Alors il ne pouvait pas. Il ne pouvait tout simplement pas. Il essaya de chercher qu'est-ce qui n'aurait pas fonctionner. Tout fonctionnait. Tom riait, parlait, jouait de la guitare, sortait, mangeait, téléphonait, dormait. Tout fonctionnait bien. Très bien. Trop bien. Et Bill sut que c'était bien ça le problème. Tout allait beaucoup trop bien pour qu'il n'y ait là dedans une quelconque once de normalité. Le rêve s'était brisé et lui avait juste fait semblant. Tom avait juste mis le mode automatique et vivait pour vivre. Tom ne pleurait pas, ne regrettait pas et ne déprmait pas. Il allait juste bien parce que c'est ce qu'on lui demandait. Pourtant, Bill savait qu'il n'allait pas bien intérieurement. Et il se haïssait au plus haut point. Il se dégoutait de ne pas avoir vu ça. De ne pas percevoir ce qu'il aurait du être le seul à percevoir. Il sentit ses yeux se remplir de larmes et il les ravala. Il ne devait pas pleurer. Tom n'avait pas pleurer pendant un an alors il ne pleurerait plus non plus.




Il se leva juste et ferma la porte comme il l'a ouvert. Il descendit les escaliers, en s'attardant à chaque marche, en les comptant une par une. Il entra dans la cuisine et observa sa mère boire son thé en lisant un magazine. Son coeur se serra en pensant à ce qu'il allait faire et s'installa juste en face d'elle, en silence. Devant l'absence de paroles de son fils, Simone releva la tête de son article en fronçant les sourcils. Il la regarda dans les yeux. Y trouvant un peu de Tom. Cela lui brisa le coeur de voir Tom à travers les yeux de sa mère. Il savait d'avance qu'il allait lui faire une peine monumentale, comme il savait qu'il valait mieux qu'elle l'apprenne par lui plutot que de s'inquiéter en ne voyant pas son fils descendre pour prendre son petit déjeuner.





- Tom est parti.




Il l'avait dit sans même y réfléchir. Il songea que c'était mieux ainsi. Il guetta une quelconque réaction... Qui ne vint pas. Sa mère émit juste un petit rire nerveux, ne le croyant visiblement pas.





- Il n'était pas dans sa chambre.
- Arrête Bill, ne dis pas de bétises ! Cherche, il doit bien être quelque part dans la maison.




Il allait lui briser le coeur en même temps qu'il était en train de briser le sien. Il savait qu'il allait devoir être brutal. Il savait que ces mots seraient beaucoup trop violents pour être doux, comme il l'aurait voulu.





- Il n'y a plus ses affaires dans son placard, maman. Ni sa guitare ! J'ai eu un mauvais pressentiment tout à l'heure. Je sais maman, Tom est parti !






C'était peut être là...





Le point de non retour.






Fin Flash Back






Il y avait tellement de fois pensé, à ce matin-là. Et il y pensait encore. La main suspendue dans le vide, tenant un crayon noir récemment acheté, son regard si lourd de sens, perdu dans son reflet. Il y pensait moins à présent, et la douleur se faisait moins pressente. Il avait bien du constaté, perdu entre la désolation et le soulagement, qu'il pouvait s'habituer à tout comme tout le monde. Il avait appris alors à apprivoiser sa douleur et supporter l'absence de son frère. Il pouvait même, maintenant, entrer dans cette pièce qui était encore il y a cinq ans la chambre de Tom sans éclater en sanglots. Il lui arrivait parfois de mettre un pied imprudent dehors et faire le tour de son petit village sans penser une seule fois à sa moitié. Parfois, comme cette après midi-là, il appelait Georg pour lui proposer de boire un chocolat chaud dans un café quelconque de Magdebourg. A chaque fois, ils inoguraient ensemble un café différent, suportant les silences quelque peu pénibles, évitant les sujets de conversation douloureux et appréciant la chaleur du brevage qui leur réchauffait l'âme en même temps que le corps. En revenant de ces après midis-là, où Bill reprenait un semblant de vie normale et où le cours des choses lui semblait moins pénible que de coutume, il garait son cabriolet avec soin et maladresse à côté de l'énorme voiture noire de son frère qu'il trouvait toujours aussi ridicule. Il entrait dans la voiture, côté conducteur où Tom était fier de s'assoir, et se concentrait pour sentir l'odeur du parfum de Tom. Bill n'avait vraiment jamais utilisé sa voiture car il préférait se faire conduire par son frère et parce qu'il préférait -ne l'ayant jamais dit- le sentiment de réconfort qu'il ressentait lorsqu'il ouvrait la portière du passager et qu'il reconnnaissait l'odeur de Tom. Seulement, avec le temps cette sensation lui est devenue étrangère et l'odeur de Tom s'est dissipée pour disparaitre peu à peu.





Il reprit ses esprits lorque le chat fit iruption dans la chambre et sauta sur le lavabo de la salle de bain. Bill reprit le mouvement de son bras et la mine de son crayon aterrit sous son oeil. Il ne se maquillait plus depuis le départ de son frère. Pourtant, aujourd'hui il voulait se sentir beau. Il voulait retrouver ce plaisir de maquiller ses yeux et se retrouver, en quelques sortes. Il fit quelques mouvements, dessinant un trait fin et tremblant sous son oeil gauche. Son geste était encore lent et indécis, un peu comme la première fois qu'il tenta de se maquiller pour aller en cours. Il recula son visage du miroir et constata avec fierté et contentement que son travail n'était pas si mal. Il fit son autre oeil de la même façon et se dépécha de détacher ses cheveux pour mettre un bonnet. Il revint dans sa chambre, enfila un blouson en cuir et une écharpe, et dévala les escaliers sac en main. Il passa sa tête dans l'entrebaillement de la porte de la cuisine et observa sa mère, les mains dans la farine, faisant un énième gateau. Elle leva les yeux, se sentant observé et sourit en remarquant le léger mais présent maquillage de son fils. Bill ressemblait plus à Bill à ce moment précis que durant les cinq dernières années.





- Je sors maman.
- D'accord... Dit-elle avec ce sourire encourageant. Tu voudras bien aller faire quelques courses pour moi ?




Elle essuya ses mains pleines de farine sur son tablier et décrocha le post-il rose collé sur la porte du frigidère. Elle lui donna et prit son visage entre ses deux mains. Elle le regarda, scrutant ses yeux l'un après l'autre. Elle eut l'impression de se voir à travers.






- Tu es l'une des personnes les plus courageuses que je connaisse Bill. Je ne dis pas ça parce que je suis ta mère, mais parce que ton frère me manque à un point inimaginable, alors je n'ose même pas imaginer comment toi tu dois ressentir ça. Tu es forts Bill ! Et si tu penses que Tom reviendra, alors crois-y. Continue à vivre et ne te laisse pas sombrer, mais crois-y.
- J'y crois. Approuva-t-il avec un brin de détermination dans la voix. Et rien que pour lui dire ce que je pense de lui, j'y croirai toute ma vie.





Elle resta interdite devant la détermination de son fils. Il détacha les mains de sa mère de son visage et passa le pas de la porte, liste de courses en main. Il entra dans le garage et plia le capot de son cabriolet. Même si l'hivers tardait à partir et que le soleil -tout de même présent ce jour-là- se faisait encore timide, il préférait rouler cheveux au vent. Même s'il risquait de tomber malade avec le courant d'air. Même s'il savait que c'était un peu ridicule et inhabituel. Aujourd'hui, il voulait se sentir en vie, et c'était le seul moyen qu'il avait trouvé. Il remerciait la chance de toujours trouver des idées pareilles, car il ne pouvait que se ratacher à cela pour ne pas sombrer...








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Il fouilla dans sa valise pleine de vêtements qu'il n'avait pas défait en quatre ans. Une serviette enroulée autour de ses hanches et de la mousse à rasée lui restant ici et là sur le visage, il renversa sa valise sur son lit, se promettant de ranger toutes ses affaires dans une armoire, lorsqu'il en aurait le temps. Il en extirpa victorieusement un col roulé noir en cachemire et un jean brut que son frère avait jugé comme étant le jean qui le mettait le plus en valeur. Il ne se demanda même pas pourquoi il attachait subitement autant d'importance à sa tenue vestimentaire, il savait très bien qu'il ne connaissait pas la réponse. Il enfila un boxer et ses vêtements si difficilement trouvés. Il mit ses converses et inspecta son reflet devant le miroir. Il sembla si septique en regardant ses pieds qu'il enleva ses chaussures pour mettre des mocassins. Il enfila un manteau, empila ses dreadlocks sur le haut de sa tête et ota ces restes de mousse à raser. Il attrapa ses clés, ferma son apartement à double tour et dévala les escaliers de l'immeuble en sifflant. Il salua la concierge et descendit le Boulevard Saint Germain, appréciant le soleil de Mars, devenant chaque jour plus présent. Il reconnut la pharmacie à côté de laquelle vivait Jade. Il chercha une potencielle étiquette avec écrit Jade Kristen. Il pressa le bouton et entendit une voix douce et cassée.





- C'est Tom.
- Je t'ouvre. C'est le troisième étage, l'apartement de gauche.
- Merci.





Il entendit le bourdonnement significatif et poussa la lourde porte en verre. C'était vieux, coquet, classique. L'ascenseur semblait fonctionner par on-ne-sait-quel moyen et le large escalier en bois -recouvert d'un vieux tapis rouge bordeaux en velour- craquait à coup sur. Tom préféra les escaliers qui craquaient à l'ascenseur suceptible de s'arrêter à tout moment et souria en entendant la joyeuse musique l'accueillir sur la palier du troisième étage. Il aurait parié sa vie que la musique provenait de l'appartement de Jade et souria de contentement en s'approchant de la porte de gauche. Il colla son oreille à la porte et se concentra sur la voix chantante de Jade qui reprenait la chanson de ~ Billy Elliot avec enthousiame. Il frappa et tenta de trouver une position naturelle. Il n'en eut pas le temps que la porte s'ouvrit sur une Jade souriante et de bonne humeur.






- Bonjour. Dit-il timidement
- Salut.




Elle lui fit la bise avec entrain. Il devina son parfum musqué. Elle portait un long gilet bleu marine sur une tunique à carreaux. Ses collants de laine mauve lui dessinaient de fines jambes. Perchée sur des botines en velour noir à hauts talons, elle semblait plus grande et sure d'elle que jamais.





- Entre, je t'en pris.




Ses cheveux, posées souplement sur ses épaules, brillaient dans la lumière du spacieux apartement. Il entra dans une grande pièce qu'il parcourut des yeux. Tout était clair, lumineux, chalereux, très cosy, dans des tons pastels et agréables. La pièce lui semblait si vivante qu'en ne regardant que celle-là, il lui semblait connaitre la vie de Jade dans ses moindres détails. Un chat dormait paresseusement sur le carelage, dans les rayons chalereux du soleil. Un ordinateur recouvert de papiers et post-its gisait sur une grande table peinte en blanc, si bien qu'on ne voyait presque plus le dit-ordinateur. Des disques étaient négligeamment empilés sur un petit meuble, à côté d'une chaine hifi.






- Euh... Désolé, c'est un peu le bazard. Je travaillais un peu, le temps que tu arrives.
- T'inquiètes pas. J'ai vu pire.
- Assieds toi. Mets toi à l'aise !






Il enleva son manteau qu'il posa sur une chaise et s'assit sur un joli canapé en daim vert anis. Il observa le chat qui ne nota même pas sa présence. A ce qu'il avait compris, il portait le même prénom que lui. Il trouvait qu'il le portait plutot bien. Il se pencha pour caresser le chat qui ronronna sous cette soudaine attention.







- Ah. Je crois qu'il t'adore. D'habitude, il n'aime pas trop qu'on le touche.
- Ca c'est parce qu'on porte le même nom ! Sourit-il
- Ouais. Ca doit être ça ! Je compte même plus le nombre de fois où il m'a griffé. Soupira-t-elle en s'assayant sur le bord du canapé
- Qu'est-ce que tu crois ? Nous les Tom, on aime contrôler.






Elle ria, dessinant de petites ridules autour de ses yeux que Tom se plaisa à regarder. Il émanait de chacun de ces gestes une grace naturelle qui le fascinait tellement qu'il se demanda si sa façon de la regarder ne froler pas quelque peu l'obscenité. Elle se releva et se dirrigea vers la cuisine faisant claquer ses talons sur le vieux parquet impecablement ciré.






- Ca, je l'avais remarqué. Nota-t-elle avec malice





Tom était chaque fois un peu plus surpris de sa subtile répartie. Ce qui l'étonna encore plus, c'est qu'il ne savait pas vraiment si la jeune femme parlait du chat ou de lui-même. Il décida de ne pas s'encombrer de pensées suplémentaires. Il la rejoignit dans la cuisine où il la trouva penchée sur le four.






- Un peu d'aide peut être ?






Elle sursauta et poussa un cri sur aigu qui le fit rire comme il n'avait pas ri depuis longtemps. Elle porta une main à son coeur.






- Tu m'as fait peur !
- Ca se voit que tu vis seule.
- Oui et franchement, ca me convient très bien.
- Tu parles comme une célibataire endurcie !
- Et alors ? C'est ce que je suis ! Dit-elle en secouant les épaules.



Elle sortit du four un moule fumant qu'elle posa sur un plan de travail.



- J'ai fait du thé. Ca ira ?
- Très bien.
- Et le cake aux noisettes ?
- Jamais gouté.
- Bien ! Il faut une première fois à tout. Tu m'en diras des nouvelles.




Elle enleva le cake du moule et le mit sur un plat. Elle fit fondra du chocolat qu'elle versa sur le cake. Tom s'émerveilla devant l'assurance de ses gestes et la crut sur parole lorsqu'elle disait qu'elle adorait cuisiner.





- Ca a l'air délicieux !
- Mais c'est délicieux ! Tu vas voir... Confirma-t-elle, le ton emprunt de fierté




Elle déposa le dit-cake sur un plateau où était déjà disposé tout un service à thé et déposa le lourd plateau dans les mains de Tom.






- Tiends. Il faut bien que tes muscles servent à quelque chose !
- Qui te dit que j'ai des muscles ? Questionna-t-il en emboitant le pas, veillant à ne rien faire tomber
- Intuition féminine ! Avoua-t-elle avec un clin d'oeil.





Il posa le plateau sur la petite table basse, devant le canapé et prit le chat sur ses genoux. Il se rappela soudainement qu'un invité surprise devait être présent aujourd'hui, selon les dires mystérieux de Jade.





- Au fait, tu n'avais pas quelqu'un à me présenter, toi ?
- Déstresse. C'est juste Axel, ma meilleure amie tyranique dont je t'avais parlé.





Il se demanda si ses expressions pouvaient à ce point le trahir où si c'était Jade qui pouvait si facilement le déchiffrer. En surprenant Jade, assise sur un fauteuil en face du canapé, qui détaillait son visage avec attention, il en conclut que c'était très certainement les deux à la fois. Un silence reposant et agréable s'installa dans la pièce, et Jade le menton posé dans la paume de sa main, continua à observer le visage harmonieux de Tom. Se sentant ainsi observé, Tom feignit l'igonrance en caressant le chat, dormant confortablement sur ses genoux. Il hésitait à lever la tête, de peur de croiser ce regard curieux et mutin. Alors il ne le fit pas. A la place, une gène plutot agréable s'éprit de lui et si la sonnerie de l'appartement lui en avait laissé le temps, il aurait probablement rougi comme l'adolescent qu'il avait été, et qui n'avait pourtant jamais rougi sous le regard d'une fille.






- Ca doit être Axel. Je reviends.





Il devina l'empressement de Jade, au bruit de ses talons claquant sur le plancher et reposa le chat devant la baie vitrée.




- Bonjour.




Il tourna la tête et tomba sur un petit bout de femme très rock'n roll. Une petite blonde aux cheveux courts dont la coiffure originale lui fit penser aux coiffures farfelues de son frère, lorsqu'il était plus jeune. Elle portait une blouson en cuir noir, ce qu'il supposa être un jean coupé en short, des collants en laine noire et des botinnes à lacets qui semblaient avoir fait du chemin. Elle portait les lunettes divinement bien et semblait débordante d'énergie. En les observant, l'une à coté de l'autre, Tom trouva Jade et Axel totalement différentes, presques opposées. Elles semblaient avoir toutes les deux un fort caractère et Tom pensa qu'il ne voudrait pas être dans la même pièce qu'elles, durant l'une de leur dispute.




- Je suis Axel.
- Et moi c'est Tom.
- Oh ! Ca je sais. Jade m'a énomément parlé de toi ! Dit-elle en souriant




Il se pencha pour lui faire la bise et pensa qu'elle n'était pas si petite que cela, c'était Jade qui devait être surement très grande. Elle l'observa longuement, plissant même les yeux de concentration. Elle semblait se souvenir de quelque chose. Tom se sentit cette fois-ci vraiment génée, lui qui n'avait depuis longtemps jamais été aussi observé durant une seule journée.




- Ca y est, je sais !




Il regarda Jade hausser un sourcil et faire une moue interrogative à l'intention de sa meilleure amie. Axel jeta un coup d'oeil à Jade qui sembla comprendre. Tom trouva cela fou de les voir communiquer ainsi sans paroles. Cela lui fit penser à son jumueau avec qui il faisait la même chose avant.





- Parle ! Ordonna Jade
- Je sais à qui il nous fait penser. Affirma-t-elle en désignant Tom d'un signe de tête









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Je sais que je vous avais promis une suite il y a plusieurs mois. Je suis vraiment désolé de poster si tard. J'ai manqué de temps, d'envie. L'inspiration était là, mais je n'arrivais vraiment plus à écrire. Ca revient petit à petit. La suite a mis du temps à venir et j'ai passé beaucoup de temps dessus. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop.


Pour ce qui est de cette suite, on en apprend un peu plus sur Tom et sa fuite. Vous pouvez aussi mettre une image sur Axel. Je n'ai pas voulu faire sa description dès le départ. Je voulais montrer Axel comme une sorte de conscience morale pour Jade. Je crois que mes cours de philo me montent un peu à la tête ! XD


J'ai pas été très sympa de couper le chapitre à ce moment de l'histoire. Les choses se corsent et je voulais garder une part de flotement. J'espère que ça vous plait. Vraiment. J'ai vraiment eu du mal à écrire tout ça et le résultat ne me satisfait pas pleinement. Pourtant, je sais que je ne pourrai pas faire mieux. Alors, je ne changerai rien. Je préfère me concentrer sur la suite qui promet d'être fort interessante et riche en surprises. Elle devrait d'ailleurs arriver d'ici peu. Je préfère ne rien promettre pour ne pas vous décevoir une fois de plus. Mais je vais faire mon possible. : )



Vous trouvez la photo bizarre ? Moi aussi. Mais avouons-le, il est du genre magnifique ! :p



Maintenant, mesdemoiselles, à vos claviers. J'attends vos critiques et vos avis, avec impatience...


En vous souhaitant, de bonnes vacances, presque-vacances, ou rentrée.


Pour ma part, il me reste une semiane de vacances, j'aurais donc le temps d'écrire quelque chose !


Bien à vous ,




Pauline.





# Posté le dimanche 26 octobre 2008 11:49

Modifié le vendredi 27 février 2009 05:06

--Chapitre IV------<- -Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai gouté à la vie & j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée. ->--Partie 1 --

--Chapitre IV------<- -Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai gouté à la vie & j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée. ->--Partie 1 --


La lumière blanche et agressive de l'écrant d'ordinateur perçait la nuit noire, sans lune, de cette fin de mois d'Avril. Jade, avec ses lunettes qu'elle détestait tant sur le nez, luttait contre un sommeil intense et difficile à surmonter. Elle jeta un coup d'oeil au chat, roulé en boule à coté de l'ordinatuer portable, qui la surveillait, comme guettant le moment où la fatigue aurait raison d'elle. Durant les jours précédants, elle s'était efforcée de penser à tout -et en particulier à la thèse qu'elle devait rendre dans quelques jours- sauf à ce sentiment inconfortable de trahison et de manque de clairvoyance. A présent, elle avait l'impression de douter à chaque instant de ses capacités et de sa part d'humanité. Elle qui aspirait à gagner la confiance des gens afin de pouvoir les aider au mieux, n'avait pas réussi à avoir celle de Tom. Pire encore, elle doutait maintenant de ses capacités à devenir un bon médecin. Alors, elle s'était contraite à passer son temps libre devant cet écran, à travailler sur sa thèse.




Jade était une personne franche, bienveillante et attentive. Elle n'évitait pas le conflit, préférant l'affronter avec toute la diplomatie qu'elle possédait. Pourtant, lorsque quelque chose l'affectait de trop, elle préférait absorber son attention autre part, afin d'oublier ce qui aurait pu la blesser. D'ailleurs, c'était souvent un sujet de discorde sans fin entre Jade et Axel, que l'une interprétait comme une force et l'aure comme une faiblesse. Axel avait toujours révulsé ce gros défaut chez sa meilleure amie. Pour elle, Jade faisait l'autruche lorsque cela lui était possible, elle s'efforçait d'aider les autres et fuyait systématiquement devant ses problème. Ainsi, lorsqu'Axel avait déclenché ce sentiement profond de doute chez Jade, cette dernière s'était pour ainsi dire renfermée comme une huitre, préférant se jeter à corps perdu dans le travail.




La petite blonde avait bien tenté de prendre des nouvelles de Jade, et celle-ci restait très évasive sur son état, lorsqu'elle n'ignorait pas carrément ses appels, une façon silencieuse de dire qu'elle n'allait pas bien. Jade était la personne la plus fière et orgueuilleuse qu'elle ait connue durant toute sa vie. Elle n'aurait jamais admis dire de vive voix qu'elle n'allait pas bien ou qu'elle avait besoin de soutient. Heureusement pour elle, Axel avait cette sorte de pragmatisme et intuition qui ne l'avaient jamais trahie jusqu'à présent. Les deux jeunes femmes se connaissaient depuis tellement longtemps, que chacun de leurs gestes étaient identifiés, analysés et interprétés de façon juste et limpide par l'autre. Une espèce de code tacil qui s'était créé entre elles, au fil du temps et des épreuves.




Seulement, alors qu'elle enregistrait ce qui consitutait la dernière page de sa thèse, le point de rupture apparut. Le moment où même avec toute la volonté du monde, Jade ne parvenait plus à ignorer son malaise. Peut être sans raison d'être, elle s'est sentie trahie. Trahie par elle-même d'abord, car cette capacité à gagner la confiance des gens lui avait fait faux bonds. Trahie ensuite par Tom qui n'avait même pas pris la peine de dévoiler qui il était, alors qu'elle s'efforçait depuis leur rencontre d'être la plus franche et ouverte possible avec lui. Il lui avait caché peut être le plus important élément de sa personne, alors qu'elle s'était confié à lui. Elle, qui croyait qu'ils devenaient amis peu à peu, avait l'impression de s'être lourdement trompés, et que cette perspetive n'était même plus envisageable. Elle n'était même pas en colère, après tout, il pouvait lui confier ce qu'il voulait. Elle se sentait juste déçue par lui et par elle-même.




D'une main tremblante, elle ouvrit une page Internet, tombant sur le moteur de recherche Google qui semblait l'appeler à faire ce que précisément elle s'était efforcée de ne pas faire. Avec hésitation, elle tappa lentement Tom Kaulitz dans l'encadré, et souffla d'anxiété en cliquant sur l'icone "Recherche Google". Elle n'eut pas le temps d'être nerveuse que des milliers de liens s'affichaient devant elle. Elle cliqua sur l'un d'eux au hazard et tomba sur un site français de fans accomplies. La dernière mise à jour datait du 11 Janvier 2012. En regardant la photo du groupe en fond d'écran, elle se sentit bizarre, se rappelant que sa meilleure amie avait aimé ce groupe et qu'elle l'avait accompagnée à trois de leurs concerts. En observant ce Tom si sur de lui, elle ne pouvait s'empécher de penser qu'il ne pouvait pas être celui qu'elle connaissait. Le Tom d'aujourd'hui semblait si peu sur de lui et fragile pour avoir à un moment été membre d'un groupe de rock mondialement connu. Pourtant, il n'avait pas réellement changé, du moins physiquement... Il semblait juste avoir vécu et muri. Elle se rappela même qu'à une certaine époque, ce morveux coureur de juppons et sur de lui, l'insupportait au plus haut point. Ce qui lui arracha un infime sourire, malgré tout. Elle observa la mise à jour la plus récente, tout en haut de la page et hésita avant de cliquer sur le seul lien qu'elle contenait.







Traduction du magasine Bravo, Janvier 2012 :



Ce sont des milliers de fans à travers le monde que le groupe de rock internationnalement connu Tokio Hotel laisse derrière lui. En effet, à la fin d'un concert à Berlin, cloturant une tournée mondiale dont le succés est incontestable, le chanteur androgyne Bill Kaulitz annonce la fin du groupe. " Ce concert est le dernier, pour moi. Je vous serai éternellement reconnaissant, à vous les fans, de ce que vous m'avez apporté durant toutes ces années. La musique est vraiment la plus belle chose qui puisse exister. " Devant l'incompréhension de tout un public, le charismatique chanteur quitte la scène après un dernier salut aux fans, sous le regard subjugué de ses compagnons de scène. Quelques jours après cet évènement inattendu, le manager David Jost organise une conférence de presse afin d'expliquer l'acte du jeune chanteur aux fans et aux médias. " La pression qui pesait sur les épaules de Bill était trop importante. C'est pourquoi il a préféré quitter le groupe. Bien entendu, il n'est pas question de remplacer le chanteur de Tokio Hotel. J'ai donc le regret de vous annoncer la dissolution du groupe. L'aventure s'arrête ici. " C'est une réelle tristesse pour des milliers de fans dont l'avis sur la raison du chanteur est partagée. Le succés Tokio Hotel aura été fulgurant et sera gravé dans l'histoire de la Musique. Rassemblant des foules hystériques en délire, les jeunes rockeurs ont vendu des millions de CD et DVD. Tokio Hotel aura surtout été un porte-parole pour tout une génération qui se sera reconnu à travers leurs textes.








Le monde de la musique lui semblait bizarre. En particulier les médias. Ils s'empressaient toujours de dire quelque chose sur la naissance d'un groupe, le développement d'un nouveau phénomène, le succés d'une tournée, la sortie d'un disque. Pourtant, lorsqu'il s'agissait d'écrire sur la fin d'un groupe, le flop d'un disque, ou autre, ils se contentaient d'en dire le minimum. Comme si cela n'interessait personne. Comme si cela ne ferait pas vendre. C'est pour cela que la taille de l'article, d'un magasine d'une si grande importance, sur un phénomène aussi connu, ne l'étonnait pas vraiment. Elle était presque sure de ne pas tout savoir sur la fin du groupe.





Elle ferma la page, dans un long soupire douloureux et se laissa tomber sur son lit. Cela expliquait surement l'attitude de Tom et son amertume. Il semblait tellement ne plus croire en l'avenir et Jade comprenait pourquoi à présent. On avait brusquement arrêté une partie de sa vie, sans qu'il ne l'ait demandé. Lui qui avait vécu une vie extraordinaire pendant si longtemps, avait du brusquement revenir à quelque chose de plus banal et ennuyeux. Elle comprenait surement cette envie de fuir son ancienne vie, son pays et tout ce qui pourrait lui rappeler une période douloureuse. Il avait peut être espéré trouver quelque chose en venant à Paris, quelque chose qu'il n'avait visiblement pas trouvé, Jade en était convaincu. Seulement, cela n'expliquait pas pleinement son mutisme et son comportement. Ellle était persuadée que derrière ce terrible tour du destin se cachait quelque chose de plus profond et déchirant.






Elle espérait bien découvrir ce que c'était...







Elle enleva ses lunettes et frotta ses yeux épuisés. Elle jura pour qui veuille l'entendre et se surprit à vouloir aller chez Tom de ce pas, le prendre dans ses bras et s'excuser. Elle ne pouvait imaginer qu'un dixième de la douloueur qu'il avait du endurer et qu'il devait encore ressentir. Essayant de se créer une situation similaire à la sienne, elle en vint à imaginer que sa thèse n'était pas acceptée et qu'elle ne pouvait pas valider son diplome de médecine. Ele arrêta ses pensées obscures, sentant déjà l'angoisse que la possiblité que cela se réalise un jour, arriver. A la pace, elle tendit une main vers la table de nuit et se saisit de son téléphone portable clapet gris métalisé et composa le numéro de sa meilleure amie.




- Allo, Jade ?




Elle semblait aussi bien surprise qu'endormie. Jade jeta un coup d'oeil au radio réveil qui affichait fièrement 01:03.





- Désolé, je te réveille. Gémit-elle
- C'est rien ! Qu'est-ce qui se passe ? Obtempéra Axel en baillant
- Je... Je ne sais pas trop quoi faire par rapport à Tom !
- Toi aussi, tu as fait des trouvailles ?




Cela ressemblait plus à une constatation qu'à une qu'estion.




- Oui. Et je me demande si je n'aurais pas mieux fait de ne pas savoir.
- Pourquoi ? Demanda-t-elle surprise par la réponse de la jolie brune
- Je ne sais pas trop ! Soupira-t-elle. Ce ma fait mal pour lui ! Tu imagines tout ce qu'il a du ressentir et endurer !
- Non, surement pas. Ma grande, tu prends les choses beaucoup trop à coeur ! Constata la petite blonde avec une intonation presque maternelle
- Surement. Mais je n'arrive pas... ou plus... à faire autrement !





Elle devina le sourire d'Axel à l'autre bout de la ville, se réjouissant que sa meilleure daigne accorder un peu d'importance à un homme. Hormis son père, et aussi loin qu'elle s'en souvienne, Tom était le premier. Axel pensa qu'il avait une sacrée chance et qu'il ne le savait même pas !




- Ca va surement faire cul-cul ce que je vais te dire mais arrête de penser Jade. Ce ne te réussit pas ! Plaisanta-t-elle pour détendre l'atmosphère




Elle se sentit satisfaite d'entendre le rire cassé de sa meilleure amie.




- Je crois qu'il faut que j'arrête de t'appeler aussi tard, mon orgueuil en prend un sacré coup !




Axel ricanna.



- Mais merci du conseil quand même !




Elle souria, persuadée qu'Axel le verrait même si elle n'était pas là, à coté d'elle.





- De rien, ma vieille. Pas de bétise !
- Oui, maman ! Soupira-t-elle faussement





Elle racrocha en levant les yeux au ciel, éteignit l'ordinateur et le posa pa terre. Elle s'emmitoufla dans ses couvertures, rejointe par le chat qui ronronnait déjà de plaisir de dormir contre le ventre de sa maitresse. Elle s'endormit, le sourire aux lèvres, repensant à la conversation qu'elle venait d'avoir avec sa meilleure amie. Elle savait déjà ce qu'elle allait faire dans les prochains jours...






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Il s'était coiffé, manucuré, maquillé du mieux qu'il le pouvait. Il avait même revéti une partie des vêtements achetés dans la journée. Il se sentait beau, bien, presque entier -même s'il savait qu'il ne pouvait plus l'être complètement. Il avait mis en route un vieux CD de Nena dont il connaissait chaque chanson, chaque parole, note et mesure par coeur. Il avait tout fait pour oublier cette sensation de malaise. Il s'était même remémoré cette journée de shopping avec sa mère, où ils avaient ri des passants et mangé plus que necessaire -sous les protestations d'une mère en chasse des kilos en trop. Il s'était senti proche de sa mère durant cette journée comme il ne l'avait jamais été. Pourtant, inexplicablement, ils étaient revenus. Ses vieux démons. Ils n'attaquaient pas, se contentant juste de faire acte de présence et de conduire un jeune homme vers un sentiment de mal être juste supportable. Par la force des choses, Bill s'était senti attiré par cette fenêtre qu'il avait tant de fois voulu brisé ces quatre dernière années.




Au début, il l'avait juste défié du regard, lui ordonnant de le laisser tranquile. Puis il s'était senti soudainement stupide d'ordonner mentalement à une fenêtre de l'ignorer. Il avait ensuite malencontreusement baissé sa garde, il se retrouva ainsi droit comme un i, les bras croisés contre son torse, devant cette fenêtre, à regarder le soleil partir peu à peu. Le blanc des paquerettes semblait casser ce vert qui s'étendait à perte de vue. Bill pouvait presque entendre les oiseaux chanter, convrant la voix de sa chanteuse préférée. Il enviait ce paysage qui paraissait si calme et impénétrable, lui qui à l'entente du prénom de son frère jumeau, ne pouvait s'empécher de ressentir ce pincement au coeur. Il partit si loin dans le fin fond tumultueux de ses pensées qu'il ne se souvint même pas que Gustav devait venir le voir. Il n'entendit même pas la voiture se garer devant chez lui. Il ne remerqua pas non plus sa mère et Gustav discuter en bas des escaliers. Il sortit seulement de sa torpeur lorsqu'il surprit le grincement familier de la porte de sa chambre.




Gustav était le seul à ne pas avoir réellement changé durant toutes ces années. Il portait toujours sur son visage ces traits rondillets qui le rendait si attachant. Pourtant, son expression lui semblait d'avantage impénétrable qu'auparavant. Il pouvait encore sentir la corne de ses doigts lorsqu'il lui serrait la main. Lorsqu'il le voyait, Bill ne pouvait s'empécher d'apprécier le sentiment que Gustav faisait naitre en lui. Il avait la sensation d'être appaisé, comme si Gustav était son réel point de repère, la seule chose qui n'avait et qui ne changerait probablement jamais. C'était quelque chose de presque alchimique. Bien qu'ils passaient beaucoup de temps ensemble, lorsqu'ils étaient tous les deux, Bill et Gustav ne parlaient pas vraiment. Bill n'aurait même pas su dire si Gustav avait une petite amie ou si son label avec Gerog marchait bien -bien qu'il ne doutait pas vraiment de cela.




Gustav n'était pas venu depuis longtemps, nota Bill presque malgré lui. Bien que sa notion du temps fut légèrement estrofiée après le départ précipité de son frère, il est vrai que le petit blondinet n'était pas venu depuis longtemps. Il semblait occupé par son travail. Cependant, il savait que Gustav serait toujours à sa disposition si Bill en ressentait le besoin. Bill l'enlaça amicalement et s'assit sur son lit, attentif au visage renfermé, presque coupable de Gustav. En effet, si Gustav était quelqu'un de renfermé et indéchiffrable, aujourd'hui, il semblait anxieu et agité. Troublé, par le regard interrogateur de Bill, il se stopa devant la fenêtre, comme son ami quelques instants auparavant. Il sentit les yeux bruns de Bill lui bruler, et fint l'ignorance, se concentrant en vain sur le paysage baigné dans la semi prénombre.




- Comment ça va aujourd'hui ?





Depuis le départ de Tom, Georg et Gustav étaient devenus très prévenant et attentif face au moral de leur ami. Bill ne savait pas vraiment si cela lui tappait sur les nerfs où s'il appréciait l'intérêt de ses amis à son égart. Il ne préféra pas y penser.





- Tu m'aurais demandé ça cet après midi, je t'aurais répondu parfaitement, mais ce soir pas très bien... Avoua-t-il, peu sur de sa réponse
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Gustav avec aplomb et douceur
- Je ne sais pas. Je me sens juste mal...





Gustav, avec toute la bonne volonté, ne put ignorer les tremblements douloureux dans la voix de Bill. Il n'allait pas pleurer. Il semblait juste dénué de forces, désespéré. Bill s'était juste habitué à la douleur, cela le désolait tant. Gustav sentit la culpabilité se renforcer. Il n'arrivait plus à cacher ce qui le contrariait depuis des jours. Surtout devant le visage presque éteint qui lui faisait face.





- Tu crois qu'il reviendra un jour ?





Gustav savait pertinament de qui ils parlaient, même s'il aurait préféré l'ignorer. Il en savait surement plus que tout le monde, pourtant il ne pouvait pas répondre à cette question. Lui-même ne le savait pas vraiment. Au fond, il voulait juste ignorer cette voix dans sa tête qui disait qu'il reviendrait. Bientot.





Le silence répondit.







Face au mutisme de son ami, Bill ne put empécher ses pensées de s'affoler. Il se leva prestament, retourna Gustav, le saisissant par le bras. Gustav baissa automatiquement les yeux, comme pris en faute. Il avait peur que la culpabilité se lise sur son visage inquiet. Il était au bord de la rupture. Pris entre deux feux. Il ferma les yeux lentement et trancha.






- Gustav, est-ce que tu penses que Tom reviendra ? Dit Bill, un peu plus fort
- Je...
- C'est une simple question !




Oui, si simple et réthorique. Car même si Gustav répondait négativement, il ne pourrait s'empécher d'espérer encore. Il se trouvait parfois si grotesque, qu'il ne se supportait plus. Tom avait eu quatre ans pour revenir. Pourquoi reviendrait-il aujourd'hui ?





- Il faut que je t'avoue quelque chose.





Bill haussa un sourcil comme lui seul savait le faire. Il n'avait jamais vu Gustav comme cela. Il s'en inquiéta plus que la phrase qu'il venait de prononcer.




- Je t'écoute. Annonça-t-il en croisant les bras




Gustav hésita quelques secondes quant à la manière de formuler sa phrase. Bill semblait presque aussi nerveux que lui, pret à écouter quelque chose de terrible. Et cela l'était. Il ne savait pas si cette nouvelle n'allait pas détruire Bill plus qu'autre chose et tous les efforts qu'il avait fourni pour reprendre le cours de sa vie.




- Voilà je...



Il marqua une pause.




- Bill, j'ai parlé avec Tom au téléphone... Avoua-t-il gravement sous les yeux perdus du dit-Bill




L'air lui manqua...







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Lundi 22 Avril, Residence Bonaparte, Apartement 23




Il se réveilla ce matin-là avec une envie de changement brutal. Cette routine morbide qu'il s'était créé durant ces quatre années le dégoutait et l'environnement dans lequel il vivait le désolait tant. Il se réveilla ce matin-là avec cette appréhension qui ne lui laissait aucun répis depuis plus de deux semaines. Il se réveilla ce matin-là, déterminé comme il ne l'avait pas été depuis longtemps. Il courut sous la douche après avoir pris un café serré et revétit un marcel blanc et un jogging noir. Il ouvrit tous les stores sans la moindre hésitation. Il n'arrivait même pas à se rappeler à quoi ressemblait son apartement à la lumière. Lorsqu'il en fit le tour, tout à l'excepté de sa chambre lui semblait ordonné, à sa place bien que poussiéreux et impersonnel. Sa chambre était un vrai désastre. Tous ses vêtements jonchaient le sol, des cendriers étaient renvservées, des bouteilles d'alcool vides trainaient un peu partout. L'odeur était presque insoutenable. Il souffla un grand coup, trouva son vieil I-pod caché au fond de sa valise et hésita avant de mettre la musique en marche. Il sourit en reconnaissant ~ Aerosmith & Run DMC. Il ouvrit en grand toutes les fenêtres, appréciant l'air frais du mois d'Avril. Il entreprit un grand ménage de Printemps comme il n'en avait jamais fait.





09 : 12

Il pliait ses vêtement soigneuseusement pour les mettre dans un placard à moitié vide.





10 : 36

Il passait l'aspirateur avec attention. Une chose que sa mère l'avait obligée à faire durant des années.





11 : 23

Il frota la sixième fenêtre de l'apartement avec énergie.





11 : 51

Il changea les draps de son lit, toujours énervé de ne pas y arriver qu'à ses treize ans. Après une énième tentative, il cria victoire et s'effondra sur son lit, satisfait de son travail. Jamais il n'avait autant nettoyé de toute sa vie. Sa mère n'en croirait surement pas ses yeux. A cette remarque, il sourit, puis il ferma les yeux en appréciant la fraicheur de la pièce. Il coupa la musique qu'il écoutait depuis presque trois heures et repartit prendre une douche. Derrière le bruit de l'eau s'éclatant sur le carrelage, il mit un certain temps à entendre la sonnette de l'apartement. Il soupira en éteignant la douche et attendit, constatant que la personne derrière la porte s'acharnait. Il enroula une serviette autour de ses hanches encore mouillées et se hata jusqu'à la porte. Il chercha un moment les clés, perturbé de ne plus se retrouver dans son bordel et ouvrit la porte à la volée.




- Pas la peine de s'acharner comme...





Il ne finit pas sa phrase, s'appercevant qu'il était à moitié nu devant une jolie brune. Inconsciemment, il porta une main à sa serviette, de peur qu'elle ne glisse par inadverscence et resta ainsi, sans voix. Pourtant, il ne se doutait pas vraiment du bouleversement psycholigue qui se déroulait en face de lui, occasionné par ce torse ruisselant.





& quel bouleversement !





Jade, on ne peut plus raide, ressera inconsciemment sa main sur les lanières de son sac et avala difficilement. Elle tenta de se ressaisir. Elle qui était quasiment médecin, en voyait souvent des hommes torse nu. Seulement, aucun d'eux ne s'appelait Tom Kaulitz et aucun d'eux ne dégageait ce charme dont il ignorait maintenant totalement l'existence. En plus d'être fichtrement bien fichu, bien sur !





- Euh... Je dérenge, je crois. Grimaça-t-elle
- C'est à dire que j'étais sous la douche, alors...
- Je vois ça ! Le taquina-t-elle dans un demi sourire




Il se sentit rougir. Il aurait juste voulu disparaitre ou être juste un peu plus vétu. Jade ne put s'empécher de rigoler de le voir peu à peu se décomposer. Elle lui planta une bise sur chaque joue, reprenant un semblant de contenance et entra dans l'aprtement lorsqu'il se décala pour la laisser passer. Il se remercia silencieusement d'avoir eu la bonne idée de faire le grand ménage quelques instants plus tot.



- Ca va ?
- Oui, oui !




Elle hocha vivement la tête, se sentant ainsi bête d'être si mal à l'aise. Après tout, ils étaient simplement amis. Sans savoir pourquoi, elle eut du mal à s'en convaincre, à en connaitre les précédants évènements. En jetant un coup d'oeil à ce qui l'entourait, Jade se surprit à penser, elle qui aimait pourtant l'odre et la propreté, que tout était trop bien rangé. Ce qui contrastait tellement avec le personnage qui se tenait devant elle à moitié nu et qui paraisssait si distrait et désorienté. Un raclement de gorge la fit sortir de ses pensées et elle posa les yeux sur un Tom de plus en plus perturbé.





- Tu me laisses deux secondes, je... Demanda-t-il en montrant sa chambre du doigt
- Euh... oui. Vas-y !





Il tenta de marcher l'air décontracté, malgré le fait qu'il savait pertinament que le regard de Jade posait sur son dos le brulait littéralement. Il referma la porte derrière lui et souffla un grand coup en s'adossant à celle-ci. C'était comme si l'espace de trois minutes, il était resté en apné, totalement plongé dans un océan de gène et de mal être. Il passa une main sur son visage encore mouillé et se rappela soudain qu'il devait s'habiller, parce que quelqu'un attendait de l'autre coté de la porte. Il se sécha en vitesse, attacha ses dreadlocks pleines d'eau. Il ouvrit son placard, se sentant bizarre de faire des gestes aussi banales soient-ils. Il attrapa un pull fin blanc, dévoilant largement son torse halé et enfila un jean, troué par ses soins. Il hésita à mettre des chaussures et préféra rester pieds nus.




Il ouvrit la porte quelque peu précipitament, faisant sursauter une Jade radieuse, appuyée sur le rebord du canapé. Elle releva la tête, paraissant tout à coup presque trop timide. Elle qui d'habitude semblait entousiaste et à l'aise dans n'importe quelle situation. Elle se fondait dans la lumière, fisant briller ses cheveux subtilement acajoux au soleil. Elle tenait son parcat beige entre ses bras, son sac sur son épaule et ses jambes croisées. Elle paraissait tellement présente dans ce décord neutre et impersonnel que Tom eut l'impression qu'elle faisait vivre la pièce de sa seule personne. Il soupira, se demandant comment une personne comme Jade avait pu être mise sur sa route, lui qui était si passif et ininteressant. Il remarqua la poche blanche qu'elle tenait à la main. Suivant ainsi le regard de Tom, Jade se rappela soudain qu'elle devait lui donner.





- Je me suis dit que tu n'aurais surement pas mangé alors j'ai pris à manger chez un chinois.
- C'est gentil... Installe toi! Je vais chercher de quoi boire. Tu veux du vin ?
- Non, pas d'alcool. Merci !




Elle lui donna la poche et s'installa sur le canapé. Elle nota qu'aucune photo n'était accrochée aux murs. Aucun objet personnel ne trainait. Comme s'il n'habitait pas les lieux. Comme s'il était inexistant. En bougeant légèrement, elle sentit quelque chose sous ses fesses, qu'elle récupéra. Elle ouvrit la paume de sa main et y découvrit avec un mélange d'adimiration et de désolation un mediator noir. Jade avait toujours aimé la musique, d'autant plus lorsqu'elle regardait ou touchait quoique ce soit se rapportant à la musique. Pourtant, avec tous les efforts du monde, elle ne put s'empécher de repenser à la raison pour laquelle elle était venue. A un moment ou à un autre, le conflit était inévitable. Elle le rangea précipitament dans son sac lorsqu'elle entendit des pas derrière elle.




- De l'eau, ça ira ? J'ai pas eu le temps d'aller faire les courses, alors...
- C'est parfait ! L'interrompit-elle




Avait-il au moins fait les courses ne serait-ce qu'une seule fois ces quatre dernières années ? Non, pensa-t-il avec sarcasme. Ils commencèrent à manger en silence, s'évitant soigneusement du regard. L'atmosphère était si lourde de reproches et de non dits que l'estomac de Jade se noua, l'empéchant d'avaler quoique ce soit. Elle se força pourtant à manger, se rappelant qu'il n'y avait pas qu'elle qui en avait besoin.




- Des nouvelles d'Axel ?




Elle le fixa sans ciler, se demandant s'il était bète ou s'il le faisait simplement exprés, cherchant le conflit. Parler d'Axel, les amèneraient forcément à parler de ce fameux Samedi, et de tout ce que Jade redoutait le plus à cet instant précis. Il semblait tellement naturel, avec ses baguettes pleines de riz entre les doigts, qu'elle se dit qu'il était simplement soucieux de combler ce blanc monumental qui persisterait même avec tous les mots du monde.






- Oui. Elle va bien ! D'ailleurs, elle t'envoie le bonjour et elle m'a demandé de te donner son numéro de téléphone.





Il se leva pour attraper un quelconque bout de papier, un stylo et lui tendit. Elle écrivit avec une rapidité impressionnante, rendant les coubes des lettres et des chiffres aussi incompréhensibles que ces écritures de médecin qu'il avait toujours détesté.




- Voilà ! Déclara-t-elle en lui tendant le bout de papier
- Merci. Très bons ces nems !




Elle soupira intérieurement. Comment allait-elle tourner la chose sans que cela ne ressemble à un reproche ou à queque chose de beaucoup trop lourd ? C'était tout bonnement impossible. Elle lui en voulait beaucoup trop pour pouvoir cacher sa déception.




- Et toi, des nouvelles de l'Allemagne ?



Sa main, tenant les baguettes, resta ainsi figé dans son mouvement. Il ferma les yeux une demi seconde et reposa le tout sur le plateau.




- Tu pensais me le cacher encore combien de temps ?
- Jade... Arriva-t-il seulement à dire, pris au dépourvu
- Tu vois, ce qui me fait le plus de peine c'est que je croyais que tu me faisais assez confiance pour m'avouer la plus importante partie de ta vie.




Elle avait lancé ça comme on lit une chute des tragédies de Racine. C'était dur, intense et surprenant. Lorsqu'il croisa son reagrd presque noir, emplis d'une déception profonde, son coeur se sera si fort, qu'il eut envie de pleurer.




- Je ne sais pas si je dois t'en vouloir, tu vois. Je suis juste... déçue. Je nous croyais amis et tu m'as menti sur tellement de choses que je ne sais plus le vrai du faux...




Elle se leva, éprise par une nervosité contagieuse. Elle commença à tourner en rond, comme si rester immobile lui était impossible. Il la suivait des yeux, sans réussir à observer son visage.




- Je peux comprendre que tu n'avais pas envie de t'étendre sur le sujet. Tu as surement vécu des choses douloureuses. Je ne sais pas ! Mais tu vois, j'aurais pu comprendre...
- Arrête Jade. Parce que tu ne sais rien. Tu ne sais pas de quoi tu parles... Répondit-il agacé
- Ne prends pas ce ton détaché avec moi, s'il te plait. Tu crois que quoi ? Que tu es le seul sur Terre à souffrir ? Que personne ne peut comprendre ?
- Jade...
- Non ! Laisse moi finir ! Lui ordonna-t-elle d'un geste de la main. Regarde toi ! Tu es en bonne santé, tu as un toit, de l'argent, du talent. Alors dis toi que tu n'es pas le plus à plaindre. Tu peux repartir de zéro ! Seulement, tu es tellement borné, que tu te complais dans ta douleur !




Il soupira à en fendre l'âme.




- Tu ne peux pas imaginer ce que c'est que de sentir trahi par la personne à qui tu fais le plus confiance. De voir tout ton monde s'écrouler en une minute. Une minute... De devoir reprendre un semblant de vie normal alors que tu vivais ton plus grand rêve. Tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir joué la comédie du type qui est heureux pendant une année entière. Le pire tu vois, c'est de ne pas savoir si tu t'en veux d'avoir abandonné ton frère jumeau du jour au lendemain ou si tu lui en veux de t'avoir trahi. Alors s'il te plait Jade, ne me juge pas.




Elle s'en voulut de lui avoir parlé si violemment devant la tête dépitée de Tom qui se contentait de scruter sa réaction. Elle se laissa tomber sur le canapé et l'observa longuement, laissant retomber l'atmosphère électrique.




- Pourquoi tu m'as caché ton identité ?
- Parce que je ne voulais pas que tu me vois comme le guitariste de Tokio Hotel.
- Mais enfin Tom, quand tu décides de te lancer dans la musique, tu dois bien savoir que les gens ne verront que cela. C'est comme ça ! Tu ne peux rien y changer.
- Seulement, ce n'est plus moi ça ! C'est fini tout ça.
- Mais tu es Tom Kaulitz, ce n'est pas rien quand même ! Aux yeux des gens tu resteras toujours le guitariste de Tokio Hotel, et une partie de toi le sera toujours.
- Tu vois, j'avais peur que tu ne vois plus que ça. Je ne voulais pas devoir subir toutes les questions en rapport avec ça que tu aurais pu me poser. Parce que ça aurait été comme être obligé de repartir dans le passé et toujours souffrir.
- Tu ne peux pas supprimer le passé Tom. Tu vis avec, c'est tout. Tant que tu n'arriveras pas à accepter cela, tu n'avanceras pas.
- J'ai tellement peur de revivre ce que j'ai vécu c'est quatre dernières années. Tu serais venu ici ce matin, c'était carrément morbide. Je vivais dans le noir avec mes bouteilles d'alcool, mes joints, et parfois même de l'héroïne. Je me demande ce que tu peux bien me trouver d'interessant ! Avoua-t-il avec sarcasme
- Tu es allé à l'hopital il y a presque un mois ? Demanda Jade, se souvenant soudain de cette masse blonde de dreadlocks qu'elle avait aperçu durant sa pause
- Je... Oui. Hésita-t-il. Je voulais arrêter de fumer toute cette merde.
- Seulement, il n'y a pas de traitement de substitution pour la cannabis. Affirma-t-elle avec l'assurance d'un médecin que nota Tom
- Oui. Il m'a conseillé de réduire progressivement et de passer le voir tous les quinze jours.
- Ca se passe comment ?
- Il y a des fois où c'est vraiment dur. Comme il y a des jours où je m'en passe facilement.
- Combien tu en as fumé la semaine dernière ?
- Cinq. Avoua-t-il, géné.
- Ca prendra du temps, mais tu y arriveras. Je t'aiderai... Tenta Jade dans un sourire compatissant
- Merci.




Il laissa passer un moment de flotement.




- Je suis désolé de t'avoir menti.
- J'ai lu quelques articles d'il y a cinq ans. Mais j'aimerais avoir ta version, si tu veux bien.
- J'ai peur de ne pas y arriver !
- Arrête toi quand tu veux. Mais il faut vraiment que tu extériorises, Tom !
- Ok... Ok ! Quelques jours avant le dernier concert, Bill était bizarre. Il l'est déjà à la base, donc personne n'a remarqué quoique ce soit. Rigola-t-il nerveusement. Mais moi je le sentais distant, pensif et surtout très fatigué. Puis ce soir-là, il s'est donné sur la scène comme jamais il ne l'avait fait ! Je pensais que c'était parce que c'était le dernier concert de la tournée et qu'il voulait en laisser un bon souvenir... Mais à la fin...



Il inspira très fort pour se donner un semblant de courage.




... il s'est avancé sur l'avant-scène avec son micro. Je me souviendrai toujours de ce qu'il a dit ! " Ce concert est le dernier, pour moi. Ce n'est pas seulement le dernier de la tournée, mais aussi le dernier de ma carrière. Vous nous avez fait vivre des choses extraordinaires et je n'oublierai jamais tout ceci. Je vous serai éternellement reconnaissant, à vous les fans, de ce que vous m'avez apporté durant toutes ces années. La musique est vraiment la plus belle chose qui puisse exister. Continuer de la faire vivre." Personne a compris. Il a posé son micro, s'est incliné devant toutes ces filles en pleurs. Raconta-t-il presque avec dégout. Et il est parti. A ce moment-là, j'ai juste eu l'impression d'être déconnecté de la réalité. Lorsqu'on est retourné dans les coulisses, il était assis devant la coiffeuse et pleurait en se démaquillant. Il s'est tourné vers nous, honteux mais décidé. Il était tellement anéanti ! Il disait que tout devenait trop dur pour lui, que la pression était trop forte, qu'il se sentait épuisé et qu'il voulait juste vivre normalement, comme tout le monde. Les autres l'ont très bien compris. Seulement moi, je suis sorti de la pièce en claquant la porte. J'avais juste envie de le tuer tellement je me sentais trahie et en colère.




Elle se leva, vint s'assoir à ses côtés et posa une main sur son genoux pour l'apaiser.





- Ensuite ?
- Ensuite, tout est allé très vite. La production a donné une confèrence de presse et nous sommes retournés chez nous. Les premières semaines, je ne parlais pratiquement plus à Bill. Je pense qu'il se sentait tellement coupable qu'il ne venait pas vers moi, non plus. Ma mère s'occupait tellement de lui, qu'elle m'a complètement délaissé. D'ailleurs, j'étais tellement en colère que je m'en fichais totalement. J'essayais juste de faire comme si tout allait bien. Je voulais juste qu'on me fiche la paix. Pendant toute une année, j'ai joué la comédie. Puis un matin, j'ai eu comme une sorte de... prise de conscience. J'ai mis toutes mes affaires dans un sac, j'a pris ma guitare et sans rien à dire à personne, j'ai pris le bus jusqu'à l'aéroport. Je ne savais pas vraiment où j'allais ni ce que je faisais. Mais je savais qu'il fallait que je change d'air et que je prenne de la distance. Un avion partait pour Paris ce matin-là alors je me suis retrouvée ici. J'ai prise une chambre d'hotel miteuse avant d'emménager dans cet appart'. Pendant quatre ans, j'ai créé une routine morbide. Je buvais, fumais, pleurais et finissais par m'endormir. Parfois, lorsque ça n'allait vraiment pas, je prenais une dose d'héroïne. Je ne me rappelle même plus la dernière fois où j'ai vécu une journée normale. Où j'ai fait les courses, fait du sport et mangé un repas normal. Jusqu'à ce que je te rencontre...




Elle sourit tendrement et observa le visage impassible de Tom semblant concentré sur son verre d'eau presque vide. Il parrassait tellement déconnecté, qu'elle tenta juste de poser une main dans son dos pour attirer son attention. Il tourna la tête vers elle et elle trouva dans ses yeux marrons les quelques larmes qui lui restaient surement en réserve.




.... Reprendre une vie normale quand tu n'as pas d'attache, c'est pas facile, tu sais. Je ne connais que toi, Axel et la concierge de l'immeuble ! Constata-t-il dans un rire communicatif. Je n'ai pas de travail, aucune activité. Je fais juste...rien !
- Tu as des nouvelles de l'Allemagne ? Tenta Jade dans une grimace
- Non. J'ai juste appelé Gustav, il y a...un mois. Peut être plus ! Il a monté un label avec Georg. Tu te rends compte que Georg s'est marié et que je n'y suis même pas allé ?
- Arrête de te torturer comme ça. Tu ne peux rien y faire, maintenant. Par contre, tu peux essayer de tourner la page et de réparer tes erreurs.
- Il ne me le pardonnera jamais !
- Les amis peuvent tout se pardonner, Tom !
- J'espère...
- Je voudrais pas toucher là où ça fait mal mais... Pourquoi tu en veux autant à ton frère ?
- C'était notre rêve, à tous les deux ! Il ne m'a jamais rien caché. Pour ce qui était du groupe ou même dans la vie, on a toujours pris les décisions ensemble. Ce soir-là, quand il a avoué qu'il quittait le groupe sans même m'en avoir parlé, je me suis senti trahi. Il était mal, anéanti. Je l'entendais parfois pleurer dans sa chambre, l'année qui a suivi. Mais je lui en voulais tellement que je l'ai simplement ignoré. Je m'étais dit que jamais je ne pourrais le pardonner.




Elle nota que lorsqu'il était très ému, son accent s'entendait d'avantage. Elle trouvait cela agréable à écouter. Cela lui rappelait son père et les étés qu'elle avait passé avec lui en Bavière lorsqu'elle était petite.




- Est-ce qu'il t'a manqué pendant ces quatre ans ?
- Lorsque je suis parti d'Allemagne, jai éteint mon portable. Je voulais vraiment coupé le contact avec tout ça. Lorsqu'on s'est parlé au téléphone, après s'être rencontré, tu te souviends ?




Elle hocha simplement la tête en souriant.




- Et bien, j'ai allumé mon portable ce jour-là. Après quatre ans... J'ai tout effacé. Appels, sms, messages vocaux. Tout. J'ai juste gardé un message. L'unique sms que m'a envoyé Bill. Seulement, je ne l'ai pas ouvert. Pourtant, lorsque j'ai vu son prénom écrit sur l'écran, ça m'a fait un truc. Chaque fois que j'entends de la musique dans un bar ou dans la rue, je ne peux pas m'empécher de penser à lui. Au début, j'associais ça à de la colère, pour moi c'était à cause de lui si j'étais dans cet état. Mais maintenant, il me manque à un point inimaginable. La musique me fait tellement de mal maintenant. C'était le lien le plus beau que j'avais avec mon frère et je crois qu'inconsciemment, je me suis interdit d'en faire tant que je ne l'aurais pas retrouver. Alors voilà, ça fait quatre ans que ma guitare est par terre, dans ma chambre et qu'à chaque fois que je la vois et que je touche une corde, j'ai envie de pleurer.
- Il est peut être temps de lui pardonner...




Il posa, hésitant, sa tête sur l'épaule de Jade. Elle posa une main sur sa taille et le sentit soupirer de soulagement. Elle eut envie de pleurer en repessant à tout ce qu'il avait vécu. Elle ressera son bras sur la taille de Tom et posa sa joue contre sa tête.




Si seulement, ils savaient...


# Posté le vendredi 27 février 2009 05:35

Modifié le mardi 14 avril 2009 08:56