--W E L C O M E --

--W E L C O M E  --
Peut être me connaissez-vous déjà et venez de cette fiction, peut être êtes-vous aterri ici par hazard, en cliquant sur quelques liens pour vous retrouver sur ce blog. Peut être, est-ce volontaire ou non. Qui que vous soyez et quel que soit ou était votre intention, je vous souhaite:





B I E N V E N U





Peut être finirez-vous par aimer, détester, vous lassez, vous laissez émouvoir et embarqué. Peut être, fermerez-vous cette page après en avoir apperçu le contenu. Dans tous les cas, je vous invite à lire cette nouvelle aventure, avec de nouveaux personnages, une nouvelle histoire. Il n'y a aucune raison. Cette histoire n'a pas plus de mérite qu'une autre. J'aspire simplement à vous apporter quelque chose, même la plus infime.
L'auteur ne se présentera pas. Je vous laisse mon blog, libre à vous d'aller y faire un tour... ou pas. Il n'est pas impossible que je me mette à raconter ma vie de temps en temps. Vous n'avez à part ça, rien à savoir de moi. Je m'appelle juste Pauline. J'ai 17 ans, comme beaucoup d'entre vous très certainement. Je suis une banale lycéenne assez occupée. Donc les mises à jour seront -certes- régulières mais peut être pas aussi fréquentes que vous pourrez l'espérer. Et je m'en excuse. Je promets simplement de faire de mon mieux.






Je vous souhaite, pour l'instant une bonne lecture !








Appréciez l'étonnante histoire de:




Jade Kristen

Tom Kaulitz

Axel Summers

Bill Kaulitz

Gustav Schafer

Georg Listing






- - - - - - - - - - - -









Pour être prévenu des suites, vous devez impérativement laisser un commentaire sur cet article.
Aussi pour les commentaires, évitez de m'en poster dix à la suite. Je veux un seul commentaire bien construite avec critiques (positives ou négatives), suggestions, conseils, tout ça et tout ça... Et arrêtez de me demander de me prévenir. Si vous vous inscrivez ici, il n'y a pas besoin de demander, je le fais automatiquement. Je veux donc un seul commentaire bien construit et pour ceux qui ne respecteront pas ça, je ne les préviendrez plus. Voilà! =D

Pour ce qui est des pubs, postez les uniquement sur cet article. Les autres seront supprimées sans être lues...





Pauline.
# Posté le lundi 30 juin 2008 11:07
Modifié le samedi 12 juillet 2008 07:42

-- Prologue--

-- Prologue--
Ses talons résonnaient sur le bitum parisien qu'elle connaissait déjà par coeur. Ses pieds douloureusement coincés dans des escarpins noir vernis avançaient surement sur le boulevard Saint Germain. Son énorme sac à main noir signé Yves Saint Laurent lui semblait horriblement lourd. Elle avait de l'argent, c'était une évidence. Elle ne s'en cachait pas, elle n'en jouait pas. Elle l'utilisait. Point. Le ciel gris la menaçait d'une averse à tout moment. D'où son parcat beige dont elle avait l'habitude de remonter le col, qui laissait entrevoir le satin d'un haut couleur prune. Un pantalon en pince grise glissait souplement sur ses fines jambes au rythme de ses mouvements. Jade Kristen, de son nom, n'avait rien de spécial. Elle n'était pas spécialement belle. Pas spécialement douée pour quoi que ce soit. Elle n'était ni spécialement grande, ni spécialement bien faite. Elle s'en portait pourtant très bien comme ça. Brune aux cheveux raides, ce jour-là attachés en chignon négligé, elle jouait de ses grands yeux noirs à moitié cachés sous une frange parfaitement droite. Une frange qu'elle s'appliquait à couper régulièrement. Elle avait surement quelques kilos en trop et ne s'en cachait pas. Ces rondeurs lui allaient même plutot bien et lui donnaient le charme d'une femme mure qui a su garder une certaine beauté. Jade avait hértié des longues et fines jambes de son père allemand et du teint hâlé d'une mère italienne. Une mère qu'elle considérait plus comme une génitrice qu'autre chose. Elle avait quitté le foyer conjugal après une drame famillial, laissant derrière elle une mari qui se noyait dans le travail et une petite fille de sept ans. Afin de combler le manque des deux parents, son père la couvrait de cadeaux sans réaliser que sa fille avait plus besoin de sa présence que de son argent. Elle ne lui en avait pourtant jamais voulu, esssayait au mieux de comprendre son père et lui rendait visite une fois par semaine. Avec l'habitude, cette journée-là devenait plus pour elle une formalité qu'autre chose mais elle savait que cela faisait plaisir au seul homme qui ait toujours compté dans sa vie. Parce que Jade avait une vie amoureuse assez vide, et en était la cause. Elle était célibataire depuis maintenant trois mois. La rupture n'avait pas été très douloureuse, puisqu'elle nétait pas très attachée. C'était d'ailleurs cela son problème, elle ne parvenait pas à s'attacher à n'importe quel homme. Pour cause, Jade n'avait jamais eu beaucoup de chance en amour. La seule fois où elle était réellement tombée amoureuse, c'était durant ses années de lycée et le jeune homme en question avait du déménager. Depuis ce jour, Jade s'était pormis de ne plus jamais tomber amoureuse. Et elle n'avait aparament jamais failli à sa promesse. Il fallait donc l'avouer: Jade aimait la vie, c'était la vie qui n'aimait pas Jade. Derrière ses airs de femme riche que rien n'atteint, elle cachait de lourdes épreuves qui l'avaient endurdi au fil du temps.
Jade n'était pas une grande réveuse. Plutot terre à terre, la seule chose en laquelle elle croyait était la médecine et ses biens faits. Elle ne croyait en aucun Dieu et en aucune de ces vies qui pourraient exister après la mort. Elle suivait la science, n'en étant pas moins spirituelle. Elle s'efforçait d'aimer la vie et y consacrait tout son temps. A miantenant vingt-sept ans et en dernière année de médecine, elle aspirait simplement à devenir un bon médecin et à sauver des vies. Jusque là, elle s'en était plutot bien sorti et c'était d'ailleurs une de ses seules fiertés. La deuxième étant ce petit et coquet apartement dans un petit immeuble sans ascenseur qu'elle avait tout de même payé une fortune. Elle n'y passait que très peu de temps, si l'on compte toutes ses heures de cours et ses virées dans les rues parisiennes. Pourtant elle s'y sentait bien. Elle y habitait depuis maintenant presque cinq ans et n'y dormait pas seule la plupart du temps. Sa meilleure amie y avait amené quelques affaires et venait passer la nuit chez elle. C'était moins fréquent maintenant. Parce que Jade travaillait sur sa thèse et qu'Axel, la meilleure amie en question était en couple depuis peu.
Entre ces deux-là, ce fut un vrai coup de foudre. Elles s'étaient connues par l'intermédiaire d'une copine qu'elle avaient en commun et depuis, ne s'étaient plus lachées. Après le départ de sa femme, le père de Jade avait trouvé la bonne idée de faire venir Axel plus souvent à la maison pour réconforter sa fille. Et Jade était éternellement reconnaissante à Axel d'avoir était présente pendant plus de vingt ans dans sa vie.
Elle sourit en sentant son portable vibrer dans son sac. A coup sur c'était Axel. Elle fit exprés de laisser sonner pour l'embéter et continua à marcher comme si de rien était, un sourire amusé sur ses fines lèvres. Elle aimait bien sa vie. Assez tranquile bien que peu routinière. Elle essayait de ne pas rentrer dans un cycle et de profiter de la vie. Pourtant au fond d'elle, elle savait qu''il lui manquait quelque chose. Jade avait toujours été en quête perpétuelle du bonheur, sans jamais le trouver vraiment.




- - - - - - - - - - - -




Lui, personne ne connaissait son nom dans cette ville. Ou plutot, plus personne ne connaissait son nom. Il faisait la couverture de tous les magazines d'adolescentes et tenait, sans le savoir vraiment, la vie de milliers de filles entre ses mains. Lui, a toujours été mis sur le devant de la scène, éblouissant les projecteurs, brulant les planches, faisant hurler les foules. Il était doué. Ca ne faisait aucun doute. Il avait appris très vite à contrôler ses moindres faits à gestes, à toujours sourire au grand jour. En somme, il avait grandi bien plus vite que la moyenne, bien plus vite qu'il ne l'aurait jamais imaginé. En observant bien, on aurait pu voir, dans ses grands yeux chocolats, toutes les routes qu'il avait parcouru, toutes les villes qu'il avait marqué de son talent. Lorsqu'il montait sur scène, tout le monde retenait son soufle. Il ne disait rien, se contentait de sourire, mais de sa démarche assurée et de son regard marquant, il s'imposait. Il disait "Silence. J'arrive." . Il ne vivait que pour cela en somme. Avant. Tout cela, c'était avant. Avant la charge de travail trop lourde. Avant la dissolution du groupe. Avant ce soir-là, ce fameux 23 Octobre 2011 où Tokio Hotel nétait plus que Hotel à fric. Où les filles ne se contentaient plus de son talent mais de son physique. Ce soir-là fut le dernier. Le rideaux est tombé, les projecteurs se sont etteints et les paillettes n'étaient plus. Ce soir-là fut le début de la fin. La descente aux enfers. Il était reparti en Allemagne, son pays natal, en quête d'un second souffle. A la recherche d'une vie, moins palpitante et passionnante, mais de quelque chose qui au moins l'empècherait de penser. Rien. Tout lui parraissait fade. Et bien plus fade encore, il ne touchait plus à la musique. Ce qui autre fois faisait sa vie, n'avait maintenant plus de sens. Il n'avait vu de paroles dactylographiées ou entendu de notes de guitare depuis des années. Il avait fait semblant, pendant presque un an. Une année entière où il lutait pour paraitre convainquant dans le rôle du type qui a réussi à reconstruire sa vie. Mais un beau jour, en se levant un matin, tout lui est apparu plus claire et limpide que jamais. Il avait tenté mais avait échoué. Alors sans prévenir personne, il a pris ses clics et ses clacs, puis la poudre d'escampette. Même pas un au revoir. Même pas pour son frère jumeau qui n'en était plus vraiment un à présent. Il avait pris un billet d'avoin pour la France et s'était installé dans une chambre miteuse d'un un hotel miteux, dans une rue parisienne miteuse. Jusqu'à trouver un petit apartement qu'il n'a rempli que de quelques meubles et de son ame érante. Quatre ans maintenant. Quatre ans qu'il avait etteint son téléphne portable dernier cri, qu'il s'était pour ainsi dire coupé du monde et qu'il tournait en rond entre ses quatre murs avec pour seule compagnie un peu de canabis et quelques shoots d'héroïne de temps en temps. Il sortait, en fin de journée en général, trainant de bars en bars jusqu'à s'engoufrer dans cette habituelle ruelle sombre qu'il appelait avec sarcasme le tunnel de la mort. Toujours le même dealer qui l'attendait, toujours les mêmes échanges effectués. Et il s'en retournait chez lui où les volets n'avaient pas été ouverts depuis des mois. Il se breuvait de substences illicites dans l'espoir d'oublier. Oublier qu'il n'avait plus parler à son frère jumeau depuis quatre longues années. Oublier que les seuls amis qu'ils n'avaient jamais eu avaient du ignorer son absence et continuer leur vie comme si de rien était... Et il s'endormait las et fatigué, à même le sol, au pied du lit, entouré de bouteilles de bierre vide et de boites de pizza qu'il n'avait pour la plupart même pas ouvertes.
Il avait troqué son look un peu particulier pour des vêtements plus normaux. Son visage avait muri et sa peau s'était légèrement foncée avec le temps. Les seules choses qu'il arrivait encore à faire étaient de prendre une douche et se raser. L'age et les épreuves lui avaient donné du charme en plus. Et dans son jean simple et son pull gris dont le col en V laissait apparaitre un peu de son torse toujours imberbe, il en faisait se retourner plus d'une. Mais lui, il ne le savait pas. Très sincèrement, il n'en avait fichtrement rien à faire. Il dévala les escaliers de son petit immeuble et longea une des nombreuses rues perpendiculaires au boulevard qu'il remontait quotidiennement. Et ce jour-là ne fit pas exception. Il tourna sur la gauche et leva les yeux sur la pencarte bleue "Boulevard Saint-Germain" pour les reposer sur ses converses usées et trouées. C'était pour lui une simple façon de se cacher du monde, même si interrieurement il hurlait à l'aide.




- - - - - - - - - - - -



Imaginez...

Paris. La plus belle ville du monde. Capitale de la France. Les champs Elysées. La Tour Eiffel. Montmartre. Le Louvre. Et plus encore... Deux millions d'habitants. Plus de cinquante millions de touristes par an. Des filles à la pointe de la mode. Des mecs au sommum de la frime. Des loyers au prix du salaire annuel d'un smicard. L'argent. Le travail. La vie, en somme. Un grouillement de fourmis. Chaine humaine où chacun cherche sa place. Des prostituées. Des hommes d'affaires frustrés. Des mères de famille esselées. Des SDF en bas des immeubles les plus cotés. Cent quarante trois accidents par jour. Commerce légal. Commerce souterrain. Paris, ville du jour. Pairs, ville de la nuit. Aux multiples facettes. Ville où le monde entier rêve d'aller. Ville où personne ne souhaite y vivre.
Dans trois secondes, un homme et une femme vont se croiser. Leurs destins vont s'emméler pour, peut être, ne plus jamais se défaire.
Trois secondes
Elle baisse la tête en souriant, pensant à sa meilleure amie qui fulmine surement devant son portable
Deux secondes
Il observe pour la -peut être- trente et unième fois le trou sur le côté droit de sa converse gauche
Une seconde
Elle ressent comme un coup dans son épaule et relève la tête pour croiser un océan de chocolat...












# Posté le lundi 30 juin 2008 14:25
Modifié le samedi 12 juillet 2008 07:42

--Chapitre I- < Everybody needs somebody >--

--Chapitre I- < Everybody needs somebody >--
Elle releva à peine la tête et croisa deux grands yeux bruns. Elle ne les observa que peu mais y trouva tant de choses qu'elle ne se rappelait déjà pu ce qu'elle avait pu y déceler. Avait-elle, dans un passé proche ou lointain, déjà vu des yeux aussi expressifs? C'est ce qu'elle se demanda à l'instant précis où le contact visuel fut rompu. Et dans le vent qui soufflait légèrement dans ses cheveux, elle crut entendre un " Désolé. " murmuré.



Elle reprit son chemin, toujours troublée. Elle regardait toujours les gens dans les yeux. Jade n'était pas le genre de femme à se laisser intimidée par un seul regard. Mais celui-là l'avait troublé. Ou plutot ce qu'il essayait de dire. Derrière la dureté, elle avait eu comme l'impression d'entendre un appel à l'aide muet, chuchoté à son oreille. Elle n'avait même pas détaillé l'homme qui l'avait bousculé, ou qu'elle avait bousculé. Parce que oui, à première vue, c'était un homme.


Et pas le plus moche!


Jade aimait aider les gens. C'était dans sa nature, surement. Peut être était-ce aussi pour cela qu'elle se donnait tellement de mal à devenir un bon médecin. Mais aussi Jade, à une période de sa vie, aurait aimé qu'on l'aide autant qu'elle s'efforçait d'aider les autres. Et cette fois-là ne fit pas exception. Perchée sur ses hauts talons, elle rebroussa chemin et trotina presque jusqu'à ratrapper un inconnu auprès de qui elle ne s'était même pas excusé.



- Hey!


Rien. Peut être ne comprenait-il pas que c'était pour lui...


- Hey! Attendez!

Il tourna timidement la tête. Qu'est-ce que cette folle lui voulait pour lui courir après comme cela? Il s'immobilisa et attendit qu'elle arrive à sa hateur. C'était bien la première fois depuis des années qu'une femme lui courrait après!


- Vous allez bien ?

La question était maladroite et surement pas des plus fines. Le visage fermé et les traits durs de l'inconu parlait pour lui. Peut-être n'était-ce pas une très bonne idée de l'aborder ainsi...


- J'ai l'air d'aller mal ?

Ca, c'était dit...


- Franchement, assez.
- Et...?
- Et c'est tout.
- Vous m'avez courru après et avait hurlé dans la rue pour me dire que je vais assez mal et c'est tout ?!

Ouais. Dit comme ça...


- Ca vous arrive d'être moins désagréable avec les gens ?
- Tout dépend des gens!
- Oh!

Que répondre d'autre? Ca commençait assez mal. Voir le bont côté des choses: au moins il ne restait pas muet. Mais c'était alors le seul bon côté des choses, hein!


- Très sérieusement, vous ne vous êtes jamais dit que si tout le monde dit que c'est plus facil de parler avec quelqu'un qu'on ne connait pas, c'est peut être vrai ?
- Mais vous me voulez quoi au juste ? Si je veux parler, je vais voir un psy.
- Bah non, justement! Tout le monde croit que parce qu'on va voir un psy on est fou. Donc en règle général, ça bloque les gens! Et je ne crois pas que vous êtes le genre de type à aller voir un psy.

Elle était certes un peu têtue et obstinée, mais rigolote tout de même. Elle réussit même à lui décrocher un sourire! Depuis combien de temps n'avait-il pas sourit ?


- Vous ne voulez pas qu'on aille continuer cette discution fort interessante dans un café ? Parce que j'ai terriblement mal aux pieds et je crois qu'on a un peu l'air con, debouts au milieu de la rue!

Il voulait dire non. C'était sur et certain. Mais ce fut un oui qui franchit la barrière de ses lèvres. Et il ne savait même pas comment ni pourquoi. Tout ce qu'il réussit à se dire à ce moment précis c'est que sa vie sociale était définitivement déserte et que s'il continaut dans cette voix-là, il allait finir seul avec pour compagnie ses quelques joints et des bouteilles de bière. Joyeux... !





- - - - - - - - - - - -




Café de Flore, 17h46


- Un chocolat chaud s'il vous plait!
- Deux...

Elle enleva son parcat et détacha ses cheveux, retombant souplement sur ses épaules. Il la trouva jolie tout de même, en la regardant bien.


- Oh fait! Je m'appelle Jade.

Elle lui tendit sa main droite qu'il serra délicatement.

- Tom.
- Vous n'êtes pas français.
- Pardon ?
- Votre accent !
- Ah oui... C'est vrai. Je me suis installé en France il y a quatre ans.
- Je dirais... allemand !
- Exact.
- D'où en Allemagne ?
- Leipzig.
- Mon père est allemand.
- Vraiment ?
- Oui oui, il est de Munich. Mais il est arrivé en France petit.
- Vous parlez allemand ?
- Je me débrouille... C'est un bon point ?
- Oui. Je n'ai plus parlé allemand depuis une éternité. Ca me manque, parfois...


Elle tenta un sourire compatissant. Il avait l'air sympathique, bien qu'un peu pommé. Mais sa façon de s'exprimer laissait entrevoir quelqu'un de fatigué par la vie. Au passé plus que compliqué...





- - - - - - - - - - - -




Elle le détaillait depuis maintenant cinq bonnes minutes. Il luttait pour ne rien laisser paraitre de sa gène, caché derrière sa tasse qu'il portait à ses lèvres.



- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je suis sure de vous avoir déjà vu quelque part...


Elle semblait presque concentrée sur son observation, les yeux légèrement plissées et le visage figé. Il avait la presque impression qu'elle pouvait le déshabiller du regard. Il ne savait même pas s'il trouvait cela agréable ou indescent.


- Cherchez! Vous me direz la prochaine fois...


Même s'il n'avait jamais rencontré de fille plus emmerdeuse, il l'appréciait un peu. Un peu beaucoup, en fait. Même si, au fond, ça le tuait de se l'avouer. Elle avait quelque chose d'attachant dans sa façon de parler et elle avait réussi à le faire sourire. Et en quelques minutes, elle avait pu lui faire oublié la multitude de problèmes qui innondaient sa vie.

Sa phrase l'avait fait sourir. Parce que cela supposait qu'ils allaient se revoir. Elle pensait aussi que, derrière ses grands airs sombres et mystérieux, il avait l'air d'être un chouette type. Elle qui avait toujours du mal à s'attacher... Venait de le faire sans même s'en rendre compte.
Elle leva les yeux sur la pendule tronant fièrement sur le mur blanc, en face d'elle: 18h58.

Merde!


Axel venait manger ce soir avec son mec. Il fallait encore qu'elle arrive chez elle dans dix minutes, qu'elle prépare un diner potable et qu'elle se prépare, histoire d'être présentable. Même si, secrètement, Tom pensait qu'elle était beaucoup plus que cela.


- Quelque chose ne va pas ?
- Vous avez déjà eu un ou une meilleure amie super caractériel ?
- Euh...
- C'est l'enfer! Ma meilleure amie vient chez moi dans une demi heure et je crois que ça va être la panique si je ne me mets pas en route tout de suite...

Il ria de son air affolé et balança quelques pièces qu'il avait dans sa poche. Elle remit son parcat et fouilla dans son sac un moment. Elle écrivit sur un ticket de métro, avec un feutre turquoise, son numéro de portable qu'elle tendit à Tom. Elle avait l'impression d'être une collégienne à presque rougir ainsi. Ils sortirent tout deux du café. L'air frais le sésit. Elle lui fit la bise presque timidement et jeta son sac sur son épaule avant de partir précipitament.




8< - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Premier chapitre de cette fiction. Merci déjà de tous vos commentaires. Ca fait plaisir de savoir que des gens nous lisent et nous suivent. J'apprécie, vraiment. Alors voilà la rencontre. Et oui, c'était bien Tom, pour celles qui hésitaient. Vous constaterez qu'il a quand même radicalement changé, aussi bien physiquement que mentalement. J'espère que ce début de fiction vous plait, même si je n'en suis pas plainement satisfaite... J'attends des commentaires construits. J'aime vraiment vous lire, alors si ma fiction ne vous inspire pas, racontez moi vos vacances, la vie de mes lectrices m'interessent... Je pars dix jours, voir deux semaines, à Narbonne. Donc pas de nouveaux posts avant mon retour... Mais j'ai hate de lire de jolis commentaires comme vous savez bien les faire, j'en suis sure! : )


Pauline.
# Posté le jeudi 03 juillet 2008 14:04
Modifié le vendredi 18 juillet 2008 16:36

--Chapitre II-< Une carrière est une chose merveilleuse mais on ne peut se blotir contre elle la nuit quand on a froid. >--Partie 1--

--Chapitre II-<  Une carrière est une chose merveilleuse mais on ne peut se blotir contre elle la nuit quand on a froid. >--Partie 1--
- Une cigarette ?
- Axel ! Tu sais très bien que je ne peux pas...


Oui, elle le savait. Et elle aimait bien rappeler à sa meilleure amie, le plus souvent possible, qu'elle pouvait encore fumer contrairement à elle. Elles étaient toutes les deux acoudées au rebord du balcon du petit apartement de Jade. Il était plus de minuit et le petit ami d'Axel venait de partir en coup de vent en s'excusant de travailler tot le lendemain. Elles s'étaient retrouvées là, comme à leur quinze ans, à presque se sentir coupable de fumer et parler ainsi. Elles ne s'étaient même pas sentis grandir, et à maintenant vingt-sept ans, elles se comportaient encore comme de banales adolescentes.



- Alors, qu'est-ce que tu me racontes ma vieille ?



Si tu savais...


Jade mourrait de dire qu'elle avait bousculé un bel inconnu dans la rue et qu'elle l'avait invité dans un café après l'avoir presque harcelé verbalement. Mais elle ne savait pas si c'était une si bonne idée que ça. Parce qu'en rentrant chez elle, elle avait repensé à tout ça et qu'elle en était venu à la conclusion que cette histoire était carrément étrange. Pour ne pas dire improbable...



- Si je te dis qu'aujourd'hui, après avoir fait exprès de manquer ton appel


Elle se prit un coup dans l'épaule

...Aïe ! J'ai un peu bousculé un mec et que je l'ai retrappé ensuite pour essayer de lui montrer qu'il n'allait pas bien, qu'après ça nous sommes allé boire un chocolat chaud, qu'il est allemand et plutot pas mal, pour ne pas dire canon, et que pour couronner le tout, je lui ai donné mon numéro de portable sur un ticket de métro, tu me crois ?
- Encore ta fameuse lubie de vouloir aider les autres !


Elle hocha la tête d'un air presque dramatique. L'histoire en elle-même n'était pas si impossible, certes. Et même si elle savait que ce mec n'allait pas venir la violer ou la harceler au téléphone, que savait-elle de lui... Si ce n'est qu'il était allemand, qu'il avait une vie un peu compliqué, et qu'à vue de ses dreadlocks et de son air rêveur il devait fumer quelques joints, elle ne savait rien de lui, en fait.


- Ce qui est dingue en plus, c'est que j'ai l'impression de l'avoir déjà vu quelque part !
- Vraiment ? C'est peut être tes vies antérieures qui viennent te hanter!
- Oh, Axel ! Arrêtes avec tes conneries de réincarnation! Sois sérieuse deux minutes, s'il te plait...
- Bon. Comment il s'appelle ton bel inconnu ?
- Tom.
- C'est tout ? Pas de nom de famille ou de date de naissance ?
- Non.
- Désolée, mais là je ne peux rien faire pour toi ma chérie !


Elle était déçue mais pas étonnée. Après tout, sa meilleure amie n'était ni espionne, ni agent du FBI. Elle n'avait pas plus de chances qu'elle de savoir pourquoi ce type lui disait tant quelque chose. C'était surement une impression de déjà vu comme il lui arrivait souvent d'en avoir. Rien de plus!

Ou pas...

Si ça se trouve, le ticket de métro imaculé de stylo turquoise avait peut être aterri au fond d'une poubelle. Ce Tom ne la rappellerait surement jamais, et elle, elle était là, à se questionner comme une pauvre collégienne en émoi qui aurait trouvé le pseudo grand amour. Elle se trouvait presque pathétique à se remémorer les traits de son visage. Elle avait beau avoir passer que quelques heures avoir lui, elle se rappelait de son visage dans les moindres détails. Son esprit dessinait presque chaque courbe, ses yeux marrons, son nez droit et franc, ses lèvres charnues et son... Piercing? Ce mec avait un piercing au labret et Jade sourit. Vraiment, ce type était spécial. Dans tous les sens du terme...



- Qu'est-ce qui te fait sourire ?


Elle en était même arrivée à oublier la présence de son amie, le nez suspendue dans l'air. Elles regardaient le ciel comme elles l'avaient fait de nombreuses fois auparavant. Le ciel qui s'était timidement dégagé et laissait briller quelques étoiles.



- Il a un piercing là. Remarqua-t-elle en désigant le coin gauche de sa lèvre inférieure
- Vraiment ?
- Oui.

Axel ria de l'air béat de la jeune femme. Elle se redressa et se tourna vers sa meilleure amie en placant ses poings définitivement fermés sur ses hanches.


- Mais il est si beau que ça ce mec ?
- Oh oui !
- Mais... Beau, juste beau ? Ou beau, vraiment beau ?
- En plus de la beauté, il y a le charme...
- Jade ! Faut absolument que tu me le montres ! Je veux le voir !


Elle sautilla, suplia sa meilleure amie en faisant de grands gestes presque théâtrales, lui proposa tous les chantages inimaginables, comme si sa vie en dépendait.



- Doucement Axel ! Je le connais à peine. Si ça se trouve, il ne va même pas me rappeler...
- T'es beaucoup trop défaitiste ! Moi, je suis certaine qu'il va te rappeler. Personne ne peut résister à ton charme, voyons !
- C'est justement pour cela que je suis encore célibataire ! Ironisa-t-elle
- Je te rappelle que c'est toi qui a plaqué Raphaël. Tu ne seras plus célibataire très longtemps, si tu veux mon avis...
- Arrête de tout de suite penser à ça !
- Ose me dire, les yeux dans les yeux que tu n'y as pas pensé.

Elle s'approcha de Jade et la scruta du regard. Jade tenta tant bien que mal de garder son sérieux, allant même jusqu'à se pincer la lèvre à sang. Elle finit par rire nerveusement et lever les yeux au ciel lorsqu'Axel s'écria victoire.


- Est-ce qu'il te plait ?
- Je ne répondrai pas à cette question.
- Ouais. Surtout que, toutes les deux, on connait déjà la réponse...



- - - - - - - - - - - -





Jeudi 12 Mars, Residence Bonaparte, Apartement 23



Il ne l'avait pas vu depuis trois jours. Ce n'était pas qu'elle lui manquait ou quelque chose du genre. C'était juste qu'il avait envie de la revoir. Envie de discuter avec elle. Envie de la voir batailler à le distraire et le faire parler. Envie qu'elle lui raconte sa vie. Envie de découvrir d'elle des choses que son allure ou son apparance ne laisserait pas paraitre. Il voulait s'émerveiller de ses mimiques et de sa spontanéité. Il voulait la voir comme personne d'autre ne la verrait. Elle était souriante, son regard était vif, pourtant elle paraissait terne, comme lassée. Il voulait savoir pourquoi et peut être même l'aider...

Après qu'elle ait touché sa joue de la sienne et qu'elle ait immité le bruit d'une bise à deux reprises, il est resté là, immobile, à la regarder s'éloigner perchée sur ses hauts talons. Ils lui donnaient beaucoup d'assurance d'ailleurs, ces talons. Il le voyait bien. Peut être, manquait-elle de confiance, se demanda-t-il. Pourtant quand elle lui a presqe courru après, il fut surpris de son audace et se fit la remarque que jamais il n'avait vu quelqu'un aussi déterminé.

Depuis quatre ans, il n'avait pas allumé son portable, et il l'ouvrit le soir-même, en rentrant. Il ne fut pas surpris de voir tous les appels en absence, SMS, messages vocaux ou autre. Il les supprima tous, sans même les lire ou y préter attention. Sauf un. Un seul et unique SMS. De Bill. Il ne l'a pas ouvert, de peur de ce qu'il pourrait y lire. Il a longtemps observé la petite envellope avec Bill écrit à côté. Sans jamais l'ouvrir. Il a simplement ajouté le numéro de Jade à la liste de ses contacts. Contacts dont il n'avait plus aucun souvenir, pour la plupart. Et il a attendu trois jours avant de se décider à l'appeler. Il a attendu que l'envie soit à son paroxysme. Il a attendu le moment où il aurait vraiment envie de la revoir.

Il glissait son doigt sur la petite touche verte sans jamais oser faire une pression dessus. Il ressentait des vagues de stress déferler en lui. Mais du bon stress. Du stress qui laisse deviner que quelque chose de bien est sur le point de se passer. Il appuya sur la touche presque involontairement et regretta aussi tot son geste. Qu'allait-elle penser de lui ? Il pensa même à racrocher et se dit que finalement il devait prendre un risque. Lui qui n'en prenait jamais...

Il était 19h32 et Tom prenait un risque pour la première fois depuis quatre ans.
Première sonnerie.
Il avale difficilement sa salive.
Deuxième sonnerie.
Il souffle pour se donner un semblant de courage.
Troisième sonnerie.
Il glisse lentemnant, à l'aveuglette, son doigt sur la touche rouge, pret à raccrocher.



Puis finalement...



- Allo ?
- Jade ? C'est Tom !
- Ah, bonsoir ! Vous allez bien ?
- Oui merci et vous ?
- Très bien. Je commençais à désespérer et à me dire que vous ne m'appelleriez jamais !
- Comme quoi...
- L'espoir fait vivre !

Il détestait ces proverbes optimistes.
Elle le comprit à travers son silence.


- Si je vous demandais que l'on se tutoie, vous répondriez quoi ?
- Je répondrais oui. Après tout, c'est pas comme si on avait soixante ans !

Il ria spontanément.
Elle l'entendait rire franchement pour la première fois et elle trouva son rire agréable.

- Parfait ! Je déteste vouvoyer les gens. Alors, ta meilleure amie ne t'a pas fait de scandale pour mardi soir ?
- Si ! Mais j'ai l'habitude ! Ca fait plus de vingt ans que je me la coltine !
- Vingt ans ! Ah oui, ça date. Mais tu as quel age ?
- Je parais quel age ?
- Vingt-quatre, vingt-cinq, je dirais...
- Vingt-sept ans !
- Oh ! Idem.
- Vraiment ? Quelle date ?
- 1er Sptembre. Et toi ?
- 24 Juin. Je suis plus vieille !

Il trouva que leur conversation lui faisait penser à celle qu'il aurait pu avoir au collège.
Elle n'aimait pas la tournure que prenait les choses. Tout était beaucoup trop platonique et banal.

- Raconte moi ta vie.
- Oh ! Ma vie n'a rien de palpitant tu sais...
- Alors, parle moi de toi !
- J'ai toujours été seule. Pas que je n'ai pas d'amie ou de famille. Mais ma mère est partie de chez moi, j'avais à peine sept et mon père a fini par se noyer dans le travail. Je ne lui en ai jamais voulu et on a toujours été étrangement porches tous les deux, même si on se voyait peu. J'aime sortir et trainer le soir tard dans les rues. C'est pas comme si j'avais absolument envie d'aller en boite ou de boire comme un trou. C'est juste le fait de... sortir, je pense. J'aime danser aussi. Quand je sors, je danse et ma meilleure amie boit. On se partage le travail, si on veut. Je joue du violoncelle. Enfin... j'en jouais. Il y a eu une période où je n'aimais pas être seule et j'avais l'impression que la musique était comme une sorte de compagnie, comme un truc réconfortant. Puis un jour, j'ai arrêté... Je n'en ressentais plus le besoin, surement. Maintenant, je m'y fais. En fait, j'aime être seule. J'aime être entourée aussi ! Mais c'est juste qu'en étant seule, j'ai l'impression que personne ne peut percer ma bulle où s'introduire dans mon monde. Une forme de sécurité, je suppose. Quoi d'autre... ? Je n'ai jamais passé mon permis. L'idée de conduire ne me plait pas. J'adore cuisiner ! Je pourrais passer des heures entières dans une cuisine, et j'aime manger aussi. C'est surement pour ça que j'ai quelques kilos en trop. Bref. Je fumais avant, mais j'ai du arrêter. Et des fois c'est vraiment dur. J'aime profondément les enfants, c'est toujours un truc qui m'a attiré. Je fais des études de médecine. Je termine ma thèse, d'ailleurs.

Il se plaisait à l'écouer parler, étendu sur son lit.
Elle avait une voix grave, un peu cassée, et il trouvait ça apaisant.


... J'aime lire. Beaucoup. J'ai des tonnes de livres chez moi et j'ai toujours un bouquin dans mon sac. Je suis lunatique. Dans le sens profond du terme. Le temps et l'environnement a toujours un drôle d'effet sur mon moral. J'ai toujours trouvé cela curieux, d'ailleurs. Mais je vais pas être désagréable pour autant, ou ignorer les gens quand je suis de mauvaise humeur. Je déteste la politique et je ne suis jamais allée voter. J'ai un petit chaton depuis trois mois, et tu ne devineras jamais comment je l'ai baptisé... Tom !

Il sourit en fermant les yeux.
Elle s'inquiétait presque du silence qui lui répondait au bout du fil.


... T'es toujours là ? Je ne sais pas, tu ne réponds pas ! Ca va finir par m'inquiéter... Vraiment.
- Non non. Je suis encore là. Je t'écoute, c'est tout. Tu as une très jolie voix.
- Merci. Je parle beaucoup alors...
- Ca ne me dérenge pas. J'aime t'écouter parler.

La draguait-t-il? Il se posait sérieusement la question.
Elle sentit son ventre se serrer d'une agréable manière.


- Et toi ?
- Quoi, moi ?
- Qui es-tu ?

Il ne voulait pas répondre, parce que ça l'amènerait obligatoirement à parler de choses qu'il n'avait pas envie d'aborder. Il voulait simplement penser à autre chose ou passer un moment avec la tête vide. Après tout, elle n'avait pas besoin de tout savoir de lui. Du moins, pas encore. Il ne se sentait pas la force de se livrer. Comme si un poid pesait au fond de son ventre et l'empéchait de parler. Il avait l'intime conviction que s'il lui parlait de sa vie ou de ses problèmes, il allait finir par craquer et pleurer jusqu'à en plus pouvoir.


- Moi, c'est Tom. Allemand. J'aime la France. L'Allemagne ne me manque pas tellement. J'aimais profondément la musique avant. Mais il y a eu un moment où elle me faisait plus pleurer que sourire.
- C'est bien de pleurer, non ?
- Je ne sais pas. J'ai toujous évité de pleurer. Ce n'est pas quelque chose que je fais facilement. Ce n'est pas que rien ne m'atteint ou que je ne peux pas être ému... C'est juste que je n'y arrive pas. C'est bloqué quelque part. Je comprends pourquoi tu as l'impression de m'avoir déjà vu. Et tu m'as surement déjà vu. Mais je ne veux pas te dire pourquoi. Je préfère juste que ton opinion sur moi ne change pas à cause de ça.

Il devinait ses sourcils se froncer ou un air interrogateur sur son visage.

... Rassure toi, je n'ai tué personne. Je veux juste que tu saches qui je suis et pas ce que j'ai pu être. Tu comprends ?
- Pas vraiment. Mais je respecte. Après tout, ce n'est qu'un détail...
- Serais-tu libre un midi pour qu'on mange ensemble ?
- Oui. Samedi ?
- Parfait.
- Où ?
- Je ne sais pas. Où tu veux...
- Ciao Bella ?
- Tu veux manger italien ?
- Tu préfères manger allemand ?
- Arrête de répondre par une autre question.
- Je pourrais te dire la même chose.
- Ok ! Un point pour Jade. Va pour le restaurant italien alors !
- Midi ?
- Midi.


- - - - - - - - - - - -


Samedi 14 Mars, Restaurant Ciao Bella, 12h21


Elle poussa la porte du restaurant avec hate et balaya la salle du regard. Ses yeux se posèrent sur un homme, au fond du restaurant attentif au spectacle de la rue. Il portait un pantalon noir en toile et un pull fin blanc qui faisait parfaitement ressortir son bronzage. Ses dreads étaient négligeament enpilées sur sa tête. Il tenait sa tête dans ses mains et semblait jouer nerveusement avec son piercing. Elle sourit, presque tendrement et s'avança jusqu'à la table. Il leva les yeux vers elle et sembla pris au dépourvu, ne sachant pas trop quoi faire.


- Excuse moi, je suis très en retard !

Elle semblait essouflée et un peu génée.
Il se leva et posa une bise sur ses deux joues avant de se rassoir. Elle enleva son parcat beige signé Burberry et s'assit lourdement en face de Tom. Elle souffla un peu et lui sourit.

- J'étais à l'hopital pour une urgence.
- C'est pas grave.

Un silence s'installa. Bien qu'ils aient parlé ensemble un long moment au téléphone, il avait encore l'impression d'être un étranger pour elle. Ce qui en soit était tout à fait normal puisqu'ils ne se connaissaient depuis même pas une semaine. Pourtant, il s'était attaché. Trop, peut être. Il avait l'impression de s'accrocher à elle comme à une bouée de sauvetage. Pourtant ce n'est pas ce qu'il voulait. Il ne savait d'ailleurs pas précisement ce qu'il voulait mais il ne voulait pas qu'elle soit juste là pour appaiser ses maux ou l'aider à régler ses problèmes. Il voulait profiter du soleil qui brillait à travers la vitre ou du fait qu'elle pourrait lui apprendre à vivre normalement, sans toute la notoriété qui lui a longtemps collé à la peau.


- Tu auras ton diplome quand ?
- Je rends mon dossier début Mai et l'oral sera surement mi-Juin.
- D'accord.
- Et toi tu fais quoi dans la vie ?
- Rien.
- Rien de rien ?
- Voilà !


Elle ria et il la remercia silencieusement de ne pas poser plus de questions. Elle se sentait un peu frustrée à son contact. Elle aurait voulu lui poser des tonnes de questions et tout connaitre sur sa vie. Pourtant le ton qu'employait Tom ou le regard qu'il lui lançait la dissuadait à chaque fois. Elle en venait même à se dire qu'il lui rendait moins qu'elle lui donnait. Et elle avait l'impression de savoir qu'il ne le faisait pas expret, que c'était juste qu'il ne pouvait pas. Elle en était attristée plus pour lui que pour elle-même.



- - - - - - - - - - - -


Il tournait la petite cuillère dans sa tasse de café à moitié vide, l'écoutant parler attentivement. Il buvait littéralement ses paroles et avait l'impression d'être complètement ininteressant lorsqu'elle abordait un sujet, aussi banal soit-il. Elle semblait si embalée et de bonne humeur lorsqu'elle parlait que cela faisait naitre un sourire sur les lèvres de Tom à chaque fois. Il la détailla encore. Un slim en jean. Une chemise blanche. Un foulard noir. Des ballerines de la même couleur. Ses cheveux tirés en chignon dont quelques mèches retombaient sur son visage. Elle ne portait pas de maqullage. Et Tom pensa que le naturel lui allait bien.


- Tu veux qu'on sorte un peu ?
- Oui, pourquoi pas.
- Je vais régler, je reviends.
- Non, c'est moi qui t'ait invité.

Il était pret à se lever. Elle le retint par le bras. Il en frisonna presque et se dit que ce n'était vraiment pas normal. Elle l'implorait presque du regard et il en fut contraint de s'assoir.


- J'y tiends.

Elle sortit un porte-feuille de son sac et se dirigea vers le coutoir. Il remarqua les quelques kilos en trop dont elle parlait au téléphone. Elle avait de jolies hanches, c'est vrai. Il trouva que cela lui allait bien. Ca la rendait moins sèche et imposante. Ses rondeurs se fondaient presque en elle. C'était naturel. Point.



- Voilà ! C'est partit mousallion.

Il rit de son expression un peu enfantine. Il se sentit bien depuis presque quatre ans. Le soleil brillait et une femme marchait à côté de lui. Il se sentait serein et se rappela la sensation que cela procurait. Personne ne l'attendait chez lui mais pourtant tout était à ses côtés. Et sans s'en rendre compte, Jade faisait peu à peu partie de ce Tout. Et aujourd'hui il était bien.


Peut être même trop bien.







8< - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Pauline is back ! : ) Les vacances étaient bonnes mains j'étais tout de même contente de rentrer chez moi. Merci pour vos commentaires et votre attention. Aparament j'en ai surpris plus d'une qui croyait que je parlais de Bill et non de Tom. Ma mission est donc acomplie. Je voulais semer le doute en vous, vous remarquerez que c'est pour ça que dans sa description il n'y avait ni nom ni portrait physique précis...
So, voilà le début du chapitre 2 qui est passé comme une lettre à la poste. Je l'aime plutot bien d'ailleurs et j'espère que vous l'aimerez aussi... J'attends toujours des commentaires construits, bien sur. ; ) Je suis en train de terminer la partie 2 qi me donne du fil à retordre. Donc si vous êtes très gentilles, très sages et très inspirés dans vos commentaires, une suite pourrait venir très vite. A vous de voir...


Pauline.

# Posté le samedi 05 juillet 2008 10:57
Modifié le mercredi 06 août 2008 05:18

--Chapitre II-< Une carrière est une chose merveilleuse mais on ne peut se blotir contre elle la nuit quand on a froid. >--Partie 2--

--Chapitre II-<  Une carrière est une chose merveilleuse mais on ne peut se blotir contre elle la nuit quand on a froid. >--Partie 2--
- Tu joues de la guitare ? Pour de vrai ?
- Oui. Depuis pas mal de temps, déjà...
- Tu me montreras un jour ?
- Peut être.



En fait, non. C'était tout bonnement impossible. Tout simplement parce qu'il n'avait plus touché à sa guitare depuis quatre ans. Il en avait amené une, bien sûr, mais n'y avait jamais touché. Il ne pouvait pas s'empêcher de jouer sans repenser à tout ce qui s'était passé. Comme si, à chaque fois que ses doigts rugueux touchés les cordes, des flashs de sa vie se jetaient sous ses yeux pour venir chambouler ses pensées et écraser son coeur en miettes. Alors, il avait renoncé. Il avait simplement posé sa guitare par terre pour ne plus jamais la toucher. C'était peut être ce qui lui manquait le plus. Peut être même plus que Bill. Cela le désolait de constater que jouer de la guitare pourait lui manquer plus que de voir son jumeau, c'était pourtant une évidence.
Il ne savait même pas s'il serait capable d'en jouer correctement, maintenant. Ca l'attristait de douter de la seule chose qu'il se sentait capable de faire, et de faire bien. Ses doigts avaient garder leur rugueur, mais il ne savait plus vraiment s'il avait encore le coeur à jouer. Ce papillonnement dans son ventre, lorsque ses mains faisaient sortir de jolis sons, il ne savait plus la sensation que cela procurait. Il avait le sentiment de devoir tout apprendre, une deuxième fois. Comme à ses sept ans.




- Tu écoutes quoi comme musique ?
- Je n'en écoute plus beaucoup. Avant, j'écoutais un peu de tout. Et toi ?
- Des vieux trucs surtout. Un peu de tout en fait... Tu faisais quoi avant ?
- Musicien.


Il savait très bien qu'il n'aurait pas du lui en parler. Il le savait plus que tout, autant qu'il se doutait de la question suivante. Pourtant, peut être qu'inconsciemment il voulait lui dire, lui raconter sa vie, lui parler de ses problèmes, et se livrer un peu par la même occasion.



- Pourquoi as-tu arrêté ?
- Jade... Je ne préfère pas en parler.


Il s'en voulait de lui répondre ainsi et de l'écarter de sa vie alors qu'elle y entrait à peine. Il s'y sentait pourtant forcé, comme si le fait de lui dire qu'il était un ancien guitariste d'un groupe de rock internationnalement connu représentait une menace... Et cette impression de culpabilité se renforça lorsqu'il croisa son regard dont ressortait la déception.




- Pas de problème ! Excuse moi, je suis vraiment très curieuse et je pose beaucoup trop de questons.


Elle s'arrêta de marcher, subitement catastrophée pour quelque chose qui lui échappait complètement. Sa question était légitime et la réponse de Tom était quelque peu étrange, pourtant elle s'en voulait. Parce qu'elle savait que tout ce qui se rapprochait de son passé le blessait et lui faisait du mal. C'était comme une évidence. Comme marqué au fer rouge dans son regard. Et elle s'en voulait surtout, parce qu'elle s'attachait à un parfait inconnu qui ne voulait rien dire de lui.
Il souria de son air embété et se figea lorsqu'elle baissa les yeux, se sentant visiblement plus coupable que necessaire. Et il s'en voulut plus que tout, il avait l'impression de lui nuire alors que cela faisait à peine quatre jours qu'ils se connaissaient.



- Hey !



Il leva une main tremblante et la posa sur son épaule. Elle sentit sa peau se rétracter au touché et elle frissona. Elle trouva cela juste agréable, ni plus ni moins.



- C'est pas grave, ok ? Au moins j'ai pas l'impression d'être ininteressant...
- Tu ne l'es pas ! Vraiment pas.



Le silence fut.


Elle le regarda un instant, jonglant de sa pupille droite à sa pupille gauche. Elle se fit la remarque qu'à presque chacune de ses phrases, il y avait un avant. Et il y mettait tellement d'amertume, de regret dans ce petit mot, qu'elle se dit qu'il devait s'être passé quelque chose de grave et boulversant dans sa vie, pour qu'il parle toujours au passé. Ou toujours d'avant maintenant. Ce avant était si vague. Elle ne savait même pas où le situer dans le temps. Mais elle se dit, qu'il correspondait surement avec son déménagement en France, ou même à quelque chose de plus vieux encore. Le déménagement en lui-même, était déjà assez étrange. Il ne faisait rien, ne semblait pas travailler, ni avoir de famille en France. Elle trouvait ça bizarre qu'il se soit retrouvé dans un pays autre que le sien, sans aucune raison apparante.




- Oh! J'ai envie d'une gaufre.
- Je t'invite alors...
- Merci.





- - - - - - - - - - - -




Ils marchaient depuis maintenant presque trois heures, et s'étaient simplement arrêtés pour acheter des gauffres englouties depuis un certain temps déjà. Elle sentit pour la première fois une douleur dans le bas de son dos, ne sachant pas vraiment si elle devait en rire ou en pleurer. Elle ressentit plus que jamais le besoin de s'assoir et s'écroula sur le banc d'un jardin public, en soufflant de soulagement. Il rit de son geste et s'assit près d'elle, à distance convenable. Pour lui du moins...



Trop près pour s'empécher d'être troublée... Pensa-t-elle



Elle le détailla à la lumière du soleil, alors qu'il observait les enfants d'en face batifoler sur des balaçoires. Elle se sentit rougir à le regarder ainsi, sans pour autant réussir à détourner son regard. Elle se sentait presque timide avec lui, comme à ses quinze ans où un garçon plutot mignon venait l'aborder. Elle tentait tant bien que mal de contrôler chacun de ses gestes de peur de ce qu'il pourrait penser d'elle. Son regard la pesait et elle se sentait faiblir sous ses yeux. Elle avait un petit faible pour lui, c'était tout. Elle se dit aussi, plus pour la forme qu'autre chose, que n'importe quelle femme à son contact en aurait un. Elle avait l'impression que son charme pouvait toucher tout le monde et qu'il plaisait, presque malgré lui.




- Tu as toujours vécu à Paris ?
- Oui et très sincèrement je ne me vois pas vivre ailleurs. J'aime profondément cette ville...
- J'aime Paris aussi.
- L'allemagne te manque ?
- Oui, parfois. Je n'y suis jamais retournée depuis que j'ai emmenagé ici.
- J'adore la Bavière. Je me rappelle des rares fois où j'y suis allée. J'étais petite, et pourtant je me souviends de tout. C'est vraiment beau... Pourquoi n'es-tu jamais retourné en Allemagne ?
- Je ne sais pas... Peut être parce que je n'en garde pas d'excellents souvenirs, et que je fuis un peu.
- Ca t'a apporté de venir ici ?



C'était une bonne question. Il se l'était jamais posé et ça sonnait maintenant comme un constat. Il aurait été tenté de dire non. Parce que finalement en venant à Paris, il s'était quelque peu coupé du monde et avait fini par se morfondre et s'enfoncer dans sa déchéance... Pendant quatre ans, il avait fumé joints sur joints, assis sur la moquette de son sombre apartement et n'avait construit aucun port d'attache. Il pourait partir du jour au lendemain. Rien ne le retenait vraiment ici... Pourtant, lorsqu'il croisa son regard, toutes ses pensées s'envolèrent.




- Oui, je pense. Je l'espère en tout cas...



Oui, venir ici lui avait apporté elle, Jade. Il ne la connaissait que depuis peu, mais jamais il ne s'était senti aussi attaché à une femme, exceptée sa mère. Il s'y était attaché et avait l'impression de plus jamais pouvoir la quitter. Parce qu'il y a des gens, on leur parle seulement une heure, on croise leur regard seulement une seconde, et on ne les oublie jamais. Elle lui apportait l'attention et l'affection qui lui avaient manqué pendant plus de quatre ans.



- Si tu réponds comme ça, ça t'aura donc apporté une chose.
- Laquelle ?
- L'espoir.



Avec ce simple mot, il avait l'étrange sentiment qu'elle venait d'arracher les pages de quatre ans d'existence. Ou plutot de non-existence. Elle tourna la tête vers lui et ils s'adressèrent un sourire complice. Jade n'avait jamais eu l'impression d'être sur la même longeur d'onde qu'un homme, pas même son père. Et aujourd'hui, à cet instant, alors que les cris, les rires des enfants se faisaient entendre et que le soleil hivernal de cette fin de journée déposaient sur eux ses plus beaux rayons, elle l'était pour la première fois avec lui.






- - - - - - - - - - - -




Ils traversaient les quais, s'arêtant de temps à autres devant la Seine dont la robe verdatre scintillait au soleil. Jade le sourire aux lèvres, en reconnaissant Wainting on an angel ~ de Ben Harper, pressa le bras de Tom, lui intimant de s'arrêter. Elle mima les paroles du bout des lèvres en regardant avec admiration le musicien solitaire dont les fines mains courraient sur sa guitare. Elle ressentait une soudaine plénitude que seule la musique pouvait lui procurer, et bien que cela l'attristait profondément, elle s'était, il y a longtemps, rendu à l'évidence que personne ne pourrait lui procurer une telle sensation à part la musique. L'être humain l'avait toujours déçu et elle avait, déjà petite, choisi la compagnie de quelque chose d'abstret.


Dans un autre esprit, un match se jouait. Un esprit où la plénitude a perdu sa place des années auparavant et où tout n'était qu'un combat perpétuel d'idées plus noires et mélancoliques les unes que les autres. Tom ne laissait rien paraitre, pourtant au plus profond de lui-même, quelque chose s'était déclenché. C'était l'affrontement d'idées opposées qui ne cessaient de s'attirer. L'envie nouvelle de rejouer de la guitare et la peur de replonger dans cette spirale dont il essayait de se détacher. Il aurait voulu se jeter, là, maintenant, du pont sur lequel il était, pour ne plus avoir à subir tout ça. C'était une lutte de tous les instants dont il s'était avoué vaincu il y a si longtemps. La lutte contre lui-même était perdue, Tom se sentait vaincu, KO. L'impression de se sentir bien qu'il avait ressenti après être sorti de se restaurant n'existait plus, et pire, s'était envolée.




La chute.



Il s'était habitué à la douleur. Il s'était habitué à tomber. Pourtant, jamais l'impression de plus jamais pouvoir se relever ne lui est apparu si forte. Il se sentait capable de courir, rejoindre le dealer qui le fournissait et prendre une dose d'héroïne qui pourrait l'achever. Il sentit les larmes lui montaient aux yeux et lutta pour ne pas pleurer. Au lieu de cela, il partit sans même attendre Jade. Il souffla un grand coup, se maudissant d'être aussi faible, aussi faible que son putain de frère jumeau qui le tuait sans même s'en rendre compte.



Jade tourna la tête, ne sentant plus la présence de Tom à côté d'elle. Elle le vit s'éloigner d'elle et fronça les sourcils d'incompréhension. Elle plongea en vitesse une main dans son jean et en sortit quelques pièces qu'elle jeta dans un chapeau, aux pieds du musicien. Elle courrut jusqu'à rattraper Tom qui marchait toujours plus vite.



- Pourquoi tu es parti ?
- Je déteste cette chanson !



Il shouta dans un caillou et ralentit un peu la cadence. Jade s'étonna de son ton froid et distant. Elle lui saisit le poignet, le faisant s'arrêter. Il se mordit la lèvre comme un petit garçon pris en faute. Il s'en voulait d'être d'humeur si changente avec elle. Mais il s'était resou à se dire qu'elle ne pourrait pas comprendre et qu'ils feraient mieux d'en rester là. Elle se posta devant lui et croisa les bras, lui demandant silencieusement une excuse valable. Il baissa les yeux devant son regard accusateur et eut une pensée pour sa mère qui agissait à l'identique lorsqu'il était petit.



- Alors ?
- Je... Rien. Ca va pas, c'est tout. Est-ce qu'on peut rentrer maintenant ?



Son ton se fut presque supliant et elle se sentit prise au dépourvu. Elle le regarda longuement en se demandant ce qui ne tournait pas rond chez lui.


- Très bien. Je te racompagne ?
- Non, je pense que tu es sur mon chemin, j'habite au bout du boulevard.
- D'accord.



Ils s'engagèrent donc dans le boulevard Saint-Germain, en silence. Les efforts qu'elle avait fourni pour qu'il souvre ne serait-ce qu'un peu lui semblèrent vains et inutiles, ils étaient revenus au point de départ. Et ce putain de silence qui persistait, l'énervait plus qu'autre chose. Elle sentit la gène, le malêtre de Tom et elle était sur le point de s'arrêter pour lui tirer les vers du nez lorsqu'ils arrivèrent devant la résidence où elle habitait.




- J'habite là.




C'était joli et coquet. Le petit immeuble était situé entre une pharmacie et un cabinet dentaire. Les murs en pierres blanches vieillies par le temps donnaient l'impression de sortir tout droit d'un voyage vers l'Antiquité. Jade était riche, c'était indéniable.




- Très bien. A bientot, alors.
- Au revoir.



Il déposa timidement une bise sur chacune de ses joues et attendit qu'elle entre dans le hall de l'immeuble. Elle composa le code d'entrée et posa une main manicurée sur la poignet dorée et ouvrit la lourde porte en verre. Elle attendit quelques secondes avant de ressortir. Et dans le soleil qui se couchait peu à peu, elle regarda Tom redescendre le boulevard. Pourquoi avait-il fait demi tour, s'il habitait tout au bout du boulevard ? Elle souffla de déception et se rendit à l'évidence.




Tom mentait.






- - - - - - - - - - - -





Il claqua la porte d'entrée et souffla longuement avant de jeter les clés négligeament sur le meuble dans l'entrée. Il traversa le couloir de son petit apartement et entra dans sa chambre, toujours plongée dans cette pénombre habituelle qu'il trouva réconfortante, pour la première fois. Il ne restait jamais longtemps dehors, à la lumière du jour. Habituellement, lorsqu'il sortait, le jour déclinait. Et depuis des mois il n'avait pas passé une journée entière dehors, jusqu'à aujourd'hui. Il s'assit, à même le sol, fatigué de ce combat constant contre ses sentiments, et laissa tomber sa tête sur son lit défait. Il retira ses chaussures d'un coup de pied et porta une main à son front. A croire que la douleur mentale ne lui suffisait plus, il se payait maintenant une migraine. Il se leva difficilement et franchit la salle de bain pour se jeter de l'eau fraiche sur le visage. Il alluma la lumière et releva la tête, en s'appuyant sur le lavabo. Il croisa son reflet et soupira. Qu'était-il devenu ? Il se posait souvent cette question en se regardant dans le miroir. Lui qui avait tant brillé des années plus tot, lui qui avait été tant adulé, était devenu l'ombre de lui-même. Tom Kaulitz n'existait plus. Depuis bien longtemps déjà...



Il avait pourtant eu l'impression de revivre aujourd'hui. Tout ses espoirs s'étaient effondrés en regardant ce jeune muscien, guitare à la main, chantait avec acharnement, comme le faisait son frère jumeau auparavant. Son frère jumeau, parlons-en de celui-là. C'était la plus grande source d'emmerdements qu'il n'ait jamais connu dans sa vie. Même à des centaines de kilomètres de lui, ce con arrivait encore à le faire chier. En venant en France, Tom avait espéré pouvoir se reconstruire un semblant de vie normale, où il pourait oublier toute la rencoeur qu'il éprouvait pour son jumeau. Pourtant c'était l'effet inverse qui s'était produit. Inconsciemment, même s'il n'avait pas envie de le revoir, il aurait voulu que Bill l'appelle, vienne le chercher, qu'il se batte pour eux. Et il ressentait cette absence de réaction comme un abandon de sa part, ce qui renforçait plus que de raison sa rancoeur pour lui.




Il retourna dans sa chambre et se figea en regardant la moquette grise. Elle était là, gisant sur le sol, à presque le narguer d'être atteri ainsi à ses pieds, celle qu'il cherrissait plus que n'importe quoi encore aujourd'hui. Il s'étonnait encore de l'amour démeusuré qu'il portait à ce simple instrument. Pourtant il avait l'impression, sans même la toucher, d'en connaitre chaque courbe, chaque son, chaque sensation, comme s'il ne l'avait jamais quitté. Il s'accroupit et tendit une main tremblante pour en toucher les cordes. Un joli son fendit le silence de la pièce, semblant s'éterniser, décuplant l'envie de Tom de prendre cette guitare. Seulement, il n'en fit rien. Il resta là, accroupi, laissant ses yeux s'embuer de larmes. Il ressentit l'impression d'avoir abandonné la seule chose qui ne le décevrait jamais. Et il s'en voulut.



Il repensa, encore, à son frère jumeau qui ressentait peut être le même sentiment d'abandon en pensant à lui. Après tout, c'était bien lui qui était parti quatre ans plus tot, fuyant comme un voleur, sans rien dire à personne de sa destination. Et alors que des larmes dégringolaient de ses yeux pour venir s'échouer dans son cou, il ressentit comme un tiraillement au fond de lui. Une brulure intense qui ressemblait à de li'mpatience mais qui n'en était pas. Il connaissait cette sensation et elle l'avait tant de fois fait sourire des années en arrière. Là, il s'en voulut. Parce que pour lui cela se revelait être une certitude, son frère ne pouvait pas ressentir ça.




- Merde !



Oh oui merde. Il s'était laissé avoir à son propre jeu, comme un débutant. Lui qui avait prié, imploré, suplié n'importe quel dieu ou force cosmisque qui aurait pu répondre à son appel, se retrouvait là, comme un con. A pleurer un jumeau perdu et un sentiment nouveau. Pas si nouveau que ça pourtant. Il le sentait pas très loin, comme un compagnon de route qui attendrait le moment propice pour faire irruption. Aparament, c'était maintenant. Il ravala sa fierté et laissa cette douce et agréable sensation l'envahir. Il admit même avec évidence ce qui le rongeait depuis maintenant deux heures et qu'il connaissait par coeur pour l'avoir tant ressentit. C'était clair, limpide, presque beau.



Son jumeau lui manquait.



Merde !
# Posté le mardi 08 juillet 2008 11:17
Modifié le mercredi 13 août 2008 11:30